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Alimentation

Un mois pour se sentir mieux dans son assiette

Du 22 septembre au 31 octobre, la région grenobloise va vivre au rythme du mois de la transition alimentaire. Un événement organisé par les acteurs locaux du Projet Alimentaire Inter-Territorial (PAIT) : sept partenaires publics, dont la Ville de Grenoble et la Métropole, appuyés par des structures socioprofessionnelles, associatives et citoyennes. Son objectif : construire des démarches collectives pour soutenir les filières de production alimentaire locales et favoriser l’accès des habitant-es à une alimentation saine, sûre et durable. Une action qui s’appuie aussi sur un encouragement au changement des comportements, que ce soit dans les pratiques agricoles, les magasins ou à table. Car bien manger, ce n’est pas seulement une histoire de goût. C’est un acte à la croisée d’enjeux majeurs : sanitaires, sociaux, économiques, environnementaux…

événement

Mobilisé-es pour la transition alimentaire

Coordonné par le collectif Autonomie alimentaire de Grenoble et ses environs, la première édition du mois de la transition alimentaire proposera au grand public ateliers, conférences, débats, découvertes, rencontres et visites guidées…

Les Grenoblois-es peuvent profiter d’un vaste choix de marchés et de lieux de distribution de produits alimentaires. ©Sylvain Frappat

Autant de rendez-vous qui seront l’occasion de mettre en valeur toutes les réflexions et initiatives locales portées autour des enjeux de l’alimentation. César Léchémia, responsable du collectif Autonomie alimentaire, précise :

Pour un meilleur impact auprès du public, les organisateurs ont volontairement choisi de coller à des événements similaires et fortement médiatisés : Semaine du goût du 12 au 18 octobre, festival Alimenterre du 15 octobre au 30 novembre, Journée mondiale de l’alimentation le 16 octobre…

Ces manifestations prouvent d’ailleurs que le sujet de l’alimentation dépasse aujourd’hui largement la circonférence de notre assiette. L’accès de toutes et tous à une alimentation saine et abordable s’inscrit désormais dans une logique transversale de solidarité.

Un projet interterritorial comme le PAIT, qui intègre les enjeux climatiques, valorise la grande variété de productions agricoles locales et vise à renforcer les coopérations du producteur au consommateur, participe activement à cette démarche.

Grenoble accroît son avance

Pour la ville de Grenoble, les enjeux alimentaires sont une priorité de longue date, même s’ils n’entrent pas dans le champ de ses compétences obligatoires. Antoine Back, adjoint à la stratégie alimentaire, rappelle :

Acte symbolique, mais révélateur de cette volonté, la capitale des Alpes fut la première commune de France à se doter, dès 2014, d’une élue spécifique chargée de l’alimentation.

Dépendante à 98% de ressources hors de son territoire, Grenoble sert quotidiennement 12 000 repas dans les cantines scolaires, résidences de personnes âgées, crèches, self municipal, restauration à domicile… Elle est de fait la collectivité la plus consommatrice de l’Isère.

Chaque jour, Grenoble sert 12 000 repas dans ses équipements. ©Auriane Poillet

«La capacité d’entraînement de la Ville vers la transition alimentaire est considérable», affirme l’adjoint. À titre d’exemple, la cuisine centrale de la Ville dispose à elle seule d’un budget annuel de commande publique de plus de sept millions d’euros.

Au-delà de ce puissant levier que représente la restauration collective, Grenoble multiplie les démarches autour de l’action sociale, de l’éducation à l’environnement, à l’alimentation et du soutien à l’agriculture urbaine.

Des mesures concrètes

La politique ainsi mise en place s’articule autour de cinq piliers : le bio, le local, les alternatives à une alimentation trop carnée, la lutte contre le gaspillage, sans omettre la dimension sociale indispensable pour garantir à tous l’accès à des produits sains.

Et pour construire ce nouveau et très ambitieux modèle alimentaire, la Ville s’appuie sur des mesures à la fois fortes et concrètes :

  • Mieux manger dans la restauration collective : intégration du bio et du local dans les assiettes, tarification solidaire, plus de repas végétariens, adoption de contenants alimentaires inertes…
  • Produire en ville : structuration et accompagnement de projets d’autoproduction et démarche active pour la multiplication des formes de production marchande en ville (fermes urbaines, culture sur les toits, le Bar Radis…).
  • Lutter contre la précarité alimentaire : déploiement d’un service d’épicerie solidaire (Episol), soutien aux projets de redistribution alimentaire (Banque alimentaire, Géfélépots) et d’accompagnement au bien-vivre alimentaire (ateliers pratiques, Jardins pour vivre).

La Ville a lancé l’idée de la première ferme urbaine 100% bio en 2018. ©Alain Fischer

Antoine Back prévient cependant :

Il ne faut pas se faire d’illusion. Le défi alimentaire est aujourd’hui immense. Avec la meilleure volonté du monde, une ville ne peut qu’accompagner et favoriser le mouvement vers la transition alimentaire. C’est une responsabilité qui nous incombe à tous.

Collectivités, producteurs, distributeurs, responsables de la chaîne agroalimentaire, restaurateurs, acteurs sociaux, éducatifs, monde médical, sportifs, consommateurs, parents : il appartient à chacun de mettre en œuvre ce qu’il est en mesure de porter, pour accéder à une alimentation saine, sûre et durable.

En cela, une initiative comme le Projet Alimentaire Inter-Territorial, qui cherche à sensibiliser tous les acteurs, est une pièce maîtresse sur l’échiquier de cette nécessaire évolution

Cantines scolaires

L’alimentation, question centrale

L’acte de se nourrir n’est pas anodin. L’alimentation est l’un des éléments clés de notre santé. Dans cette perspective, avec une production quotidienne de 12 000 repas, la cuisine centrale de la Ville joue un rôle déterminant. Un rôle d’autant plus essentiel pour l’équilibre des enfants.

©Auriane Poillet

Au-delà de leur donner au quotidien un repas équilibré, adapté à leurs besoins, respectueux de leurs convictions et financièrement accessible, il est fondamental de faire prendre conscience de certains enjeux aux enfants.

Parmi eux : le respect de la saisonnalité, la lutte contre le gaspillage et la sobriété énergétique. Antoine Back, pointe :

N’oublions pas que ce sont des prescripteurs écoutés au sein de la famille, mais aussi les adultes de demain.

Aujourd’hui, 60% des composantes proposées dans les repas des écoles grenobloises et 30% du montant des commandes réalisées pour le self municipal sont bio et/ou locales. L’objectif est d’atteindre les 100%.

Les cantines scolaires proposent, par ailleurs, 1 à 2 repas végétariens par semaine, soit le double des recommandations de la loi EGALIM (2019). Pour réussir ce tour de force, depuis 2016, les cuisiniers ont été formés aux règles d’une cuisine végétarienne équilibrée.

Premier succès

Les résultats ne se sont d’ailleurs pas fait attendre. En 2017, la première recette entièrement bio, locale et végétarienne est sortie des fourneaux de la cuisine centrale : le gratin de courge butternut à la béchamel de lentille bio du Trièves. Ce fut un immense succès. Depuis, la liste des créations continue de s’allonger.

La période de confinement a mis en évidence l’importance de ce repas pris à l’école. Outre la rupture d’un certain équilibre alimentaire, l’absence de cantine a lourdement impacté le budget de certains ménages. Plus de 20% des enfants se restaurent tous les jours au prix plancher de moins d’un euro par repas.

Episol

En finir avec la précarité alimentaire

Près de 19% des Grenoblois-es vivent en dessous du seuil de pauvreté (INSEE 2015) et 20% déclarent se restreindre sur l’alimentation pour des raisons financières (enquête IBEST 2018).

©Sylvain Frappat

Pour répondre aux besoins alimentaires des plus démunis, il existe de nombreuses structures solidaires. Malheureusement, souvent par fierté, bon nombre d’entre eux ne s’y rendent pas.

C’est devant ce constat alarmant qu’Episol est née en 2014. Rencontre entre le Secours catholique, le Diaconat protestant et le CCAS de Grenoble, cette association a imaginé un concept original d’épicerie solidaire.

Catherine Dulong, coordinatrice générale de l’association, détaille :

C’est un magasin de proximité accueillant tout public, en mixité, avec une tarification différenciée selon les revenus de chacun. Un système qui favorise l’implication de tous et la création de lien social.

Une épicerie branchée local

Pour Episol, le choix des circuits courts est aussi une priorité. 80% des produits proposés sont issus des exploitations locales et 20% sont bio. Ce sont plus de 600 familles qui bénéficient de ce projet innovant créé pour lutter contre la précarité alimentaire.

Après cinq années de fonctionnement, Episol a bien grandi. À côté de son magasin sont venues s’ajouter une épicerie ambulante (la mobile) déployée sur cinq emplacements de l’agglomération grenobloise et une distribution hebdomadaire de paniers solidaires sur onze Maisons des Habitant-es de Grenoble soit plus de 7000 par an.

Pour le retour à l’emploi

Pour renforcer son action, Episol souhaite maintenant obtenir son agrément d’atelier chantier d’insertion. À côté de son activité traditionnelle de distribution, l’association pourra se lancer dans le tri et la revalorisation des invendus sur le Marché d’intérêt national (MIN).

Autre avantage : proposer aux salarié-es en insertion un accompagnement vers le retour à l’emploi. Un tel projet va, d’ici 2023, faire passer l’association de 3 à 23 salariés.

Depuis 2019, Episol coordonne aussi Calisoli, un collectif d’acteurs de l’alimentation solidaire en Isère : Au local, l’Eléfan, l’Equytable, les Amis du Zeybun, les Nouveaux jardins de la solidarité, Cuisine sans frontières et le collectif Autonomie alimentaire.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.episol.fr
Episol : 45, rue Général-Ferrié. Ouverte du mardi au vendredi de 10h à 13h et de 15h à 19h et le samedi de 10h à 13h et de 15h à 18h.
À Grenoble, de nombreuses autres associations, au cœur des quartiers, participent aussi à la lutte contre la précarité alimentaire. Pour connaître celles qui sont à proximité de chez vous, il suffit de vous rapprocher de la Maison des Habitant-es de votre secteur.

initiatives

Produire en ville : l’idée qui pousse !

Depuis 2014, la Ville de Grenoble multiplie les projets en faveur de l’agriculture en ville. Sans parler d’autonomie alimentaire, cette démarche permet de créer des emplois et de fédérer autour des enjeux alimentaires tout en cultivant les liens sociaux.

Le champ en pleine terre de la ferme urbaine 100% bio. ©Thierry Chenu

Première pierre de cet édifice : le jardin potager géré par les agent-es des Espaces Verts. Situé au centre horticole à Saint-Martin-d’Hères, ce potager fournit chaque année plus de 3,5 tonnes de légumes frais au self municipal.

Sur ce même site, suite à un appel à projets de la Ville, un maraîcher indépendant, Mickaël Tenailleau, a aménagé en 2018 la première ferme urbaine 100% bio.

Il commercialise avec succès ses produits (une quarantaine de variétés de légumes et des œufs) sous forme de paniers AMAP, de vente directe auprès des particuliers et des magasins bio locaux.

Un terreau pour la réinsertion

Toujours en 2018, l’association 1000 Pousses s’installe dans 100 m2 d’une serre au cœur du même centre horticole et produit des micro-pousses pour les restaurants gastronomiques et végétariens.

Il ne s’agit pas seulement de développer une activité économique mais aussi de mettre en place un projet de réinsertion. L’association espère pouvoir ainsi aider des personnes en difficulté à trouver un emploi.

Ce projet devrait être possible après le transfert programmé de l’exploitation sur un espace plus vaste dans le parc Lesdiguières.

Tout le monde peut s’y mettre !

Qu’ils soient publics ou privés, les jardins colonisent l’espace urbain. Et s’ouvrent à tous, professionnels ou non. Pour explorer toutes les parcelles cultivables au cœur de la ville, une seule adresse : Jardinons Grenoble.

Conçu comme un espace de découverte, le site présente une cartographie des espaces jardinés ou à adopter, ainsi que quelques astuces pour réussir ses projets. Avec Jardinons nos rues, la Ville met à disposition des habitants, commerçants et associations des parcelles du domaine public pour les porter en culture.

La ferme urbaine 100% bio élève aussi quelques poules. ©Auriane Poillet

Depuis 2015, 150 sites jardinés ont ainsi vu le jour. Des formations gratuites en jardinage écologique sont dispensées sur le jardin pédagogique du centre horticole.

Bientôt dans le secteur 6

Dans le même esprit, suite à l’appel à candidatures Quartiers Fertiles lancé par l’Agence Nationale de Rénovation Urbaine (ANRU), un dossier a été déposé pour La Villeneuve et le Village Olympique.

Objectif : favoriser le retour de l’agriculture dans les quartiers en renouvellement urbain. Les résultats devraient être connus début octobre. Pour un secteur déjà très dynamique sur toutes les questions liées à l’alimentation, une réponse positive permettrait de constituer un véritable point d’ancrage avec création d’emplois à la clé.

Le projet prévoit de mettre en place, sous la direction d’un professionnel salarié, une véritable exploitation agricole dans le quartier ou tout près. Un lieu où culture et récolte seraient confiées aux habitant-es.

Émois sur les toits

L’agriculture urbaine sait aussi prendre de la hauteur : les jardins poussent sur les toits, notamment des écoles ! À Grenoble une association s’est spécialisée dans ce maraîchage aérien : Cultivons nos toits.

«En 2017, la création sur la toiture de la Casemate d’un jardin de 300 m2 a permis la récolte d’une tonne de légumes. Un rendement identique à une culture en pleine terre. Si l’incendie de 2017 a stoppé l’aventure, un nouveau projet de jardin partagé est à l’étude. Il devrait voir le jour en 2021», affirme Lucas Corgeon, l’un des responsables de l’association.

Cultivons nos Toits planche actuellement sur un projet de serre à l’hôpital Sud, pour cultiver des plantes médicinales. Et travaille à la végétalisation «comestible» d’immeubles sur différents quartiers avec Grenoble Habitat.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.grenoble.fr/1020-jardinons-
grenoble.htm

projet alimentaire inter-territorial

Alimentation à Grenoble : un goût d’avance

Le projet alimentaire inter-territorial de Grenoble s’illustre par des initiatives ambitieuses favorisant le bio et le local, en prenant en compte les enjeux d’environnement, d’économie et de santé. C’est toute une filière alimentaire qui s’organise autour de cette politique, depuis la multiplication des exploitations agricoles y compris urbaines jusqu’à la diversité des points de distribution.

Vos commentaires

Commentaire de Fabrice N le 13 septembre 2020 à 18 h 37 min

Ne pas oublier quand meme que l’aire urbaine représente 4.4 fois plus de gens à nourrir – et donc de surface à prévoir à cet effet – que Grenoble stricto sensu.

Et qu’il faut défalquer ces surfaces habités des zones cultivables, contrairement à ce que peux faire faussement penser la petite carte en haut à droite !

Par ailleurs j’aimerais des liens plus précis que le titre d’un livre: il me semble (mais je peux me tromper) que la fourchette basse serait plutôt 1000-1500 m²/personne plutôt que 800, et je ne crois pas que ce soit en bio.

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