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Émilie Capron

Archiviste du climat

Chargée de recherche au CNRS de Grenoble, Émilie Capron est paléoclimatologue et déchiffre au quotidien la mémoire de notre planète. Bien loin des clichés du chercheur solitaire enfermé dans son labo, c’est avec une vraie attention portée au monde d’aujourd’hui qu’elle conçoit son métier… Et s’applique à le faire découvrir !

©Alain Fischer

C’est au cours de ses études en Sciences de la Terre qu’Émilie a découvert la paléoclimatologie :

Explorer les climats du passé m’a tout de suite passionnée ! C’est une discipline qui nous projette très loin dans le temps… et nous permet de mieux anticiper l’avenir. Actuellement, j’étudie le réchauffement dans les régions polaires pour voir quel était le niveau des mers, le type de végétation, etc. Ces modèles du passé serviront à imaginer le futur de manière réaliste, et à s’y préparer…

Expéditions polaires

Concrètement, elle travaille sur des carottes de glace vieilles de 125 000 à 800 000 ans provenant du Groenland et d’Antarctique.

«On analyse ces échantillons car chaque couche de glace garde en mémoire des informations sur le climat à l’époque où elle s’est déposée. On peut ainsi remonter très loin dans le temps pour connaître la composition de l’atmosphère, les températures… Ce sont de véritables archives du climat qui permettent de reconstruire les changements qu’il a connus au fil des millénaires.»

Pour mener ses recherches, la paléoclimatologue a également participé à huit expéditions de forages sur le terrain. Des missions longues, de six semaines à trois mois, dans des conditions extrêmement rudes et avec un confort des plus rudimentaires, mais aussi l’opportunité de :

découvrir des paysages uniques, magnifiques, où l’on ne voit que du blanc et le ciel, une sensation d’isolement absolu qui se double d’une formidable expérience humaine où l’on vit en totale autarcie avec les membres de l’équipe.

Une autre image de la science

Enthousiaste et débordante d’énergie, Émilie ne rate jamais une occasion de mieux faire connaître la paléoclimatologie :

«J’ai longtemps travaillé en Angleterre et au Danemark, où j’animais régulièrement des rendez-vous pour sensibiliser le grand public au réchauffement climatique… Et donner aux jeunes une autre image de la recherche fondamentale, leur montrer que la science c’est attrayant, concret, que ça permet de voyager, de vivre des expériences extraordinaires !»

Dans cette optique, elle a récemment participé à l’exposition La Science taille XX Elles : vingt portraits de femmes scientifiques grenobloises, réalisés par le photographe Vincent Moncorgé, à découvrir du 20 au 30 novembre au Jardin de Ville.

Ceci pour «inspirer plus particulièrement les filles ! En effet, la science reste un domaine majoritairement masculin, et il est important de leur montrer qu’elles peuvent l’investir… Et s’y épanouir !»

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