Sports

Accueil >Découvertes >Sports>En attendant le jour d’après

clubs

En attendant le jour d’après

Depuis le 11  mai, le sport reprend ses marques pas à pas : un redémarrage rythmé par les décisions gouvernementales, les consignes des Fédérations et, avant toute chose, l’évolution de la crise sanitaire. À Grenoble comme ailleurs, c’est donc à pas feutrés qu’ont dû avancer les clubs, entre incertitude et créativité.

©Sylvain Frappat

« On ne sait pas » et « à suivre ». Les deux retours les plus fréquents de nos interlocuteurs, lors de nos échanges avec les acteurs du mouvement sportif local, résument la problématique soulevée par la reprise du sport dans un cadre associatif.

La demande était forte. Le manque d’activité physique, et peut-être encore plus le manque du lien social généré par la pratique d’un sport en club, a pesé lourdement.

Dès lors, quel cadre apporter aux pratiquants tout en respectant les restrictions imposées ?

Sports collectifs

Zakaria Mahroug, éducateur futsal et football à La Villeneuve, explique :

 On ne peut pas se projeter pour cet été. À l’instant présent, on n’a rien de prévu, entre les incertitudes sur l’évolution mais aussi la peur que peuvent avoir les parents par rapport à ça.

Un constat qui vaut pour tous les sports collectifs dont la reprise post-confinement a été très limitée du fait des restrictions : pas de pratiques intérieures, pas de ballon, pas de contacts, nombre de licenciés accueillis limité…

Pour l’accueil des enfants cet été ou encore les stages, aucune décision ne peut être anticipée ou généralisée. Il faudra suivre les habituels supports de communication de chaque club pour s’informer au fur et à mesure.

« Pour l’instant, à plus long terme, on peut seulement déjà avancer sur nos beaux projets de l’an prochain », fatalise l’entraîneur.

Sports de combat

©JM Francillon

Un constat partagé par son homologue du Ring Grenoblois Patrick Mallaizée. Les sports de contact sont même, logiquement, les plus impactés :

 Aucune activité n’a été possible jusqu’à la réouverture des gymnases. Et même celle-ci ne permet que de s’entraîner individuellement. C’est compliqué de motiver les gens quand on ne peut faire que du sac de frappe…

Comme le judo ou le karaté, la boxe est bloquée par les mesures de distanciation. « Même la boxe éducative, où les coups sont seulement simulés, implique que les deux adversaires soient proches ».

Le club attend donc les directives nationales pour savoir si au moins des interventions extérieures seront possibles cet été.

Escrime : le sport « barrière »

Entre les masques, la distance obligatoire entre les deux tireurs et la limitation des contacts, l’escrime, sport de combat reclassé en sport d’opposition, respecte depuis toujours les « gestes barrières ».

Le club Grenoble Parmentier a mis en place un ingénieux système D pour garder du lien et proposer un retour progressif à l’activité, comme l’explique le maître d’armes Didier Marguerettaz :

 Pendant le confinement, on a fait passer leurs « grades » aux plus jeunes via des QCM, des vidéos qu’on leur demandait de faire, cela a permis de garder un contact. Lors du redémarrage, on a signé une convention avec l’école Fantin-Latour pour utiliser leur cour quelques heures par semaine, comme les entraînements étaient interdits en intérieur.

Fin août, le club proposera un stage gratuit pour ses adhérents mais aussi pour celles et ceux qui souhaitent découvrir la discipline (infos : escrime-parmentier.fr).

Il a investi aussi dans du matériel (masque, veste) pour que chaque tireur dispose d’un équipement individuel.

©Franck Crispin

Les clubs s’adaptent et s’organisent

Ici et là, les clubs se sont adaptés. Le Grenoble Tennis a profité de ses courts extérieurs pour accueillir ses adhérents en simple uniquement, avec toutes les précautions d’usage : balles personnelles, pas de contacts, nettoyage des chaises entre deux séances…

Les Cyclotouristes Grenoblois ont repris les sorties en petits comités et ont même récupéré rapidement de nouveaux adhérents. Des sorties autour de Grenoble ont lieu tout l’été (infos : cyclotourisme-grenoble-ctg.org).

Les clos boulistes se sont vite à nouveau remplis, avec toutes les mesures de sécurité. « On ne sait pas quand la compétition reprendra mais cela a fait du bien de se retrouver entre amis », explique Franck Gibaldi, président du Grenoble Boules 38.

Les rameurs de l’Aviron Grenoblois, après une reprise sur ergomètre, ont pu se jeter à l’eau à partir de début juin, dans des embarcations individuelles, nettoyées entre chaque créneau.

Le mouvement sportif local a su s’adapter à un contexte exceptionnel. C’est avec impatience, un peu d’appréhension et surtout beaucoup d’envie qu’il attend désormais « le jour d’après».

Vos commentaires

Il n'y a pas encore de commentaires sur cet article.

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

Envoyer

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag vous propose aussi

La Caravane du Sport se redonne du souffle

La Maison de la Montagne reste à pied d’œuvre

À la verticale de l’été