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En chantier

Patrimoines : préserver hier, préparer demain

Avec l’obtention en 2017 du label Ville d’art et d’histoire, la Ville a renforcé l’attention portée à son patrimoine bâti. Dotée de 35 édifices protégés au titre des Monuments historiques, Grenoble abrite un patrimoine très divers (militaire, industriel, religieux…), témoin de chaque époque et relativement riche en ce qui concerne le XXe  siècle. Des actions récentes ou prévues à court terme s’attachent à restaurer, réhabiliter ou requalifier des bâtiments, comme en témoignent entre autres les chantiers de la tour Perret, de la cité de l’Abbaye ou ceux proposés dans le cadre de l’opération Gren’de projets. Au-delà de cet héritage architectural et artistique, Grenoble possède également un patrimoine naturel, dense à la Bastille et plus épars, mais présent, partout ailleurs. En chantier lui aussi, puisque les arbres plantés aujourd’hui seront le patrimoine de demain…

Rénovation

Les atours de la tour Perret

Emblématique de Grenoble, la tour Perret impose depuis bientôt cent ans son architecture singulière au cœur du parc Paul Mistral. Une phase d’étude technique a débuté avant sa restauration, qui débutera en 2020.

©Auriane Poillet

La tour Perret est emblématique de la ville à plusieurs titres. À commencer par sa situation et son architecture, évidemment : un totem de 90 mètres au cœur d’un parc, ça vous pose une ville ! Et par son histoire, puisqu’elle est la seule construction restante de l’Exposition internationale de la Houille blanche et du Tourisme qui eut lieu en 1925, et qui attira plus d’un million de visiteurs.

Horizon 2022

Première tour au monde construite en béton armé, que l’on doit à Auguste et Gustave Perret, celle qui fit la fierté d’une époque représente un joli défi technique aujourd’hui. Parce que le béton précisément, « c’est pas de la pierre ». Cette lapalissade explique l’installation de la palissade de sécurité au pied de la tour, pour éviter les chutes de blocs dues à la corrosion.

François Botton, architecte en chef des monuments historiques, a été désigné pour assurer la maîtrise d’œuvre de cette restauration dont le coût total, estimé à 8 millions d’euros, sera financé à plus de 50 % par l’État et le Conseil départemental.

Et en attendant de pouvoir accéder en 2022 à la plateforme qui surplombe la ville du haut de ses 60 mètres, offrant (sans doute !) une vue panoramique spectaculaire sur toute la ville, les Grenoblois.e.s sont invités à découvrir la proposition du graffeur Groek, qui anime l’enceinte de bois par ses motifs géométriques.

Réhabilitation

L’Abbaye, droit de cité

Labellisée Patrimoine du XXe  siècle, la cité de l’Abbaye est un héritage fort de l’habitat ouvrier de l’entre-deux-guerres. Elle s’apprête à entrer dans la phase concrète de sa réhabilitation.

©Auriane Poillet

Après une période de consultation qui avait donné lieu à une exposition en 2018, la requalification de la cité de l’Abbaye entre dans sa phase opérationnelle (confiée par la Ville et le bailleur Actis à la SPL Sages).

Sur les quinze bâtiments existants, une douzaine seront finalement conservés. Ce parti-pris témoigne d’un engagement municipal en faveur de la préservation du patrimoine. La démolition totale de la cité avait été envisagée un temps, la réhabilitation étant toujours plus complexe qu’une démolition-reconstruction, mais ce choix a finalement été écarté.

Maintien des façades urbaines

Fabienne Boudon, architecte urbaniste de l’agence Particules, explique :

 Le projet retenu, prévoit la démolition et la reconstruction d’un seul bâtiment au sein de chaque îlot, à savoir les trois bâtiments en U longeant la rue René-Cassin. Il offre plusieurs avantages : maintien de l’ensemble des façades urbaines sur les grands axes, identification claire des trois îlots, ce qui est important d’un point de vue patrimonial, et nouvel adressage sur la rue René-Cassin, avec un vis-à-vis plus généreux entre la cité et le nouveau quartier Châtelet.

Usage public des squares

C’est également dans cette perspective « d’usage patrimonial » qu’ont été abordés les espaces publics, la place de la Commune 1871, l’avenue Jeanne-d’Arc et les squares délimités par chaque îlot.

« Conserver ces squares dans leur usage public était important, non seulement parce qu’il s’agit de leur vocation initiale mais aussi parce que la demande d’espaces publics est forte à l’échelle du quartier.»

Biodiversité

La Bastille, de culture et de verdure

Poumon vert des Grenoblois.es, la Bastille reste également le site le plus fréquenté par les touristes, notamment grâce à son double patrimoine, historique et naturel.

©Alain Fischer

Outre la vue spectaculaire qu’offre la Bastille, à laquelle Stendhal rendait hommage dans ses Mémoires d’un touriste, le site possède une double valeur patrimoniale.

Avec une richesse militaire en premier lieu, qui a beaucoup évolué entre la construction de la maison forte Rabot à la fin du XVe  siècle et celle des fortifications Haxo, édifiées au XIXe  siècle, exclusivement en pierre, et inscrites au titre des Monuments historiques.

Derrière la pierre inerte, la vie s’ébat aussi. Les 35 hectares abritent une faune et une flore remarquables, qui leur vaut d’être classés zone naturelle d’intérêt écologique.

Prévoir les aléas

L’ensemble du site en tout cas, relativement fragile, nécessite une vigilance constante et de nombreuses interventions. Celles des Espaces verts, chargés de l’entretien courant, ou celles d’équipes spécialisées, cordistes notamment, lorsqu’il s’agit de travaux conséquents et complexes.

Les nombreuses falaises et fortifications, très régulièrement endommagées par les aléas climatiques, exigent d’ailleurs de… prévoir l’imprévu ! Ce qui explique un budget annuel d’investissement (200 000 €), cinq fois supérieur au budget de fonctionnement.

Périmètre réaménagé

Au-delà du site lui-même, la Ville prête également attention à ses accès. À l’entretien du téléphérique bien sûr (que serait la carte postale sans les bulles ?) mais aussi aux accès piétons : la porte Saint-Laurent, à présent desservie par la passerelle entièrement réhabilitée, et la porte de France.

Cette dernière a d’ailleurs vocation à devenir le véritable socle de la Bastille, identifié par une zone piétonne élargie. Et le réaménagement de ce périmètre prévoit lui aussi un soin particulier à l’égard des bâtiments chargés d’histoire : porte de France, relais des Postes, site Vicat, etc.

Orchis durabilis

L’association Gentiana œuvre pour la connaissance et la préservation de la flore sauvage sur le département et elle a récemment procédé à une étude sur la Bastille.

« Avec une forte exposition sud et un sol calcaire qui retient peu l’eau, explique Frédéric Gourgues, coordinateur, on trouve un cortège d’espèces d’affinité méridionale, comme l’Érable de Montpellier, le Pistachier térébinthe (peu commun), l’Orchis de Provence (espèce rare), ou encore l’Orobanche de Serbie, rarissime fleur sans chlorophylle. Cette dernière est connue en un seul point de la Bastille et elle est classée en liste rouge au niveau régional. »

Via son activité de conseil, Gentiana accompagne également la Ville sur des mesures de gestion, comme la préservation des pelouses sèches, milieu aujourd’hui menacé par les appétits des aménageurs. Et évidemment, elle rappelle grâce à des campagnes régulières qu’une photo vaut mille fois mieux qu’un bouquet éphémère…

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