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De place en place

Chacun trouve sa place

Les places occupent une fonction un peu à part au sein d’une ville. Lieux de rassemblement et d’échange par excellence, souvent centrales au sein d’un quartier, elles sont l’endroit privilégié pour se retrouver, se poser… Ou repartir dans toutes les directions. En termes d’usage, il doit donc être à la fois agréable de s’y arrêter et facile d’y circuler. Ce double enjeu peut être paradoxal : si la voiture demeure le mode de déplacement principal, le café est forcément servi avec son nuage de CO2… Pour concilier les deux, la Ville favorise les modes de déplacement doux dans tous les projets d’aménagement des places. Elle veille parallèlement à conserver ou amener de la verdure et de la fraîcheur, notamment grâce aux arbres et aux points d’eau. Tour d’horizon des aménagements terminés, en cours ou à venir…

 

Dans une ville qui assume son orientation scientifique, on ne nous en voudra pas si l’on dit que les places sont à l’urbanisme ce que les noyaux sont aux réseaux de neurones… Au centre de Grenoble, à ce jour, un premier axe de circulation (douce) entre les places se dessine, ponctué de places et placettes, avec des aménagements terminés, en cours ou lancés à très court terme. Il relie les places de la Cymaise, aux Herbes, puis Grenette, Victor-Hugo et Championnet jusqu’à la caserne de Bonne, via le carrefour entre le boulevard Gambetta et le cours Berriat, qui sera bientôt réaménagé pour prendre une allure de placette. Un second axe naturel visera, dans les années à venir, à mieux connecter le parc Paul Mistral à l’hyper-centre. C’est dans ce cadre notamment qu’une étude est en cours autour de la place André-Malraux et du quartier Hoche.

Grenette, Victor-Hugo

Grenoble joue l’atout Cœur

Les places Grenette et Victor-Hugo représentent sans doute le binôme central du projet Coeurs de Ville, Coeurs de Métropole. Les travaux sur la première étant finalisés, ils sont en passe de démarrer sur la seconde…

La place Victor-Hugo bientôt repensée pour valoriser le centre-ville. @terrapublica

Les travaux réalisés en 2018 sur la place Grenette ont mis l’accent sur sa dimension originelle. À la fin du XVIe  siècle, suite à l’élargissement des remparts, la place de la Granaterie devenait en effet un lieu d’échange central, accueillant les foires et marchés aux bestiaux.

À ce jour, lieu quasi incontournable sur le plan touristique, la place a été aménagée dans un souci de valorisation et de confort pour les usagers. Outre la réparation du sol, les changements de luminaire et la plantation de nouveaux arbres, pour des pauses plus naturelles et fraîches en été, l’emplacement des terrasses a été retravaillé : diminuées en largeur, elles ont été étirées en longueur.

Quant à la fontaine (le château d’eau Lavalette, qui date de 1825), elle a eu droit à un bain de jouvence. Les angelots, en tous cas, semblent ravis de barboter régulièrement depuis sa remise en eau.

Adoucir l’espace

Plus récente que la place Grenette puisqu’elle date du XIXe  siècle, la place Victor-Hugo est caractérisée par ses immeubles haussmanniens. Afin de raviver le regard sur cette place « carrée et cossue » mais surtout faciliter la circulation à l’intérieur même du square et dans son articulation avec l’extérieur, des travaux auront lieu dans les mois qui arrivent.

Afin d’« ouvrir la place », certains éléments seront amenés à disparaître, comme les murettes actuelles qui délimitent sérieusement son pourtour. D’autres seront ajoutés, notamment du mobilier en bois jouant sur des lignes courbes et des surfaces ajourées pour adoucir les contours du square.

Ces bancs et assises tabulaires se déploieront autour d’îlots de végétation et de nouveaux arbres seront plantés pour offrir des pelouses ombragées autour du bassin. Pour le sol enfin, l’utilisation de différents bétons déclinant des tons très doux a été retenue pour accentuer encore l’effet des surfaces lisses et des lignes arrondies.

aménagements

Une grande place devant Grand’Place

L’aménagement d’un vaste parvis devant Grand’Place représentera la première phase du projet Centralité Sud.

Libérer l’espace autour de Grand’Place pour un lieu plus accueillant et humanisé. ©Visuel L35

Dans le cadre du projet Centralité Sud porté par la Métropole, qui s’étend sur les communes de Grenoble, Eybens et Échirolles, le cœur du projet, qui constitue également sa première phase, concerne les abords de Grand’Place.

Tandis que le centre commercial lui-même (qui relève du secteur privé et sera requalifié par son propriétaire) prévoit la rénovation de la façade nord et l’implantation de terrasses et de restaurants, l’espace public qui l’entoure sera lui aussi réaménagé.

– de voitures, +  de verdure

L’un des changements majeurs concerne la destruction de l’autopont de l’avenue Marie-Reynoard, qui sera remplacé par une rue végétalisée.

De cette « mise à plat » de l’espace de circulation naîtra un parvis, dont l’aménagement dans les détails est actuellement soumis à concertation.

Ici encore, l’ambition est de libérer de l’espace à destination de l’usage piétonnier et de ponctuer de grandes surfaces bétonnées par des arbres et de la végétation.

Dans un souci de diminution de l’impact du trafic routier et toujours dans la ligne « moins de voitures, plus de verdure », le cours de l’Europe et l’arrêt de tram seront eux aussi repensés, afin de rendre l’accès à pied ou à vélo plus confortable et plus sécurisé.

Abbaye

Une place peu commune

Dans le cadre de la requalification du quartier de l’Abbaye, la place de la Commune 1871 représente un élément-clé du vivre-ensemble pour tout un secteur de la métropole.

©Gilles Esparbet

Le projet porte une attention particulière aux espaces publics en général, et à la place de la Commune 1871 en particulier. Pour une réhabilitation qui affiche des ambitions sociales autant qu’architecturales, on comprend en effet que la place, lieu de vivre-ensemble par excellence, représente un enjeu majeur.

Comme sur toutes les places en projet (moins de circulation, part belle faite aux marcheurs et cyclistes, aménagement paysager, plantation d’arbres), la redéfinition de ce lieu comme espace de rencontre et de partage était donc essentielle.

Dessiner un lieu vivant

Fabienne Boudon, architecte urbaniste de l’agence Particules, revient sur la première phase :

 Pendant plusieurs semaines, jour et nuit, nous avons observé qui fréquentait la place à quel moment, et nous avons questionné les habitants.

Résultat : une place occupée le matin par le marché et très fréquentée à ce moment-là, mais quasi désertée l’après-midi, dévolue uniquement au stationnement.

« Pour en faire un lieu vivant et agréable tout au long de la journée, outre des aménagements qui pourraient être ajoutés dans un second temps, l’agence a préconisé la valorisation de l’existant. La Maison des Habitants est un lieu très important, fédérateur pour ce quartier. Nous avons proposé d’y aménager un parvis, ainsi qu’une terrasse pour le café associatif la Pirogue. »

Travaux en 2021

L’une des clés résidera dans la mise en relation avec d’autres lieux : MJC, bibliothèque, école, commerces, etc.

En attendant la mise en œuvre des travaux prévus en 2021, la façade de la MdH arbore une fresque participative, réalisée par Benoît (Groek) et Vincent, du collectif Sorry Graffiti. Elle met à l’honneur quatre femmes qui, aux yeux des habitants, incarnent ou représentent le quartier.

Piétonnisation

Fais-moi une placette

Outre les travaux menés sur les grandes places centrales, quelques autres, plus petites, ont été repensées dans leur usage ou créées de toutes pièces.

Rue de Lionne. ©Terra Republlica

Toujours dans le cadre du projet Cœur de ville Coeur de Métropole, quelques placettes ont été créées.

Attenant à la place aux Herbes, le carrefour entre les rues de Lionne, Chenoise, Renaudon et Madeleine notamment, a été entièrement piétonnisé, permettant de supprimer du mobilier (comme les potelets) et de créer ainsi un « effet place ».

Le projet a abouti il y a quelques semaines « suite à de nombreuses concertations avec les habitants et grâce à leur implication », précise Lucille Lheureux, adjointe Espaces publics et Nature en ville.

Les piétons d’abord

Par ailleurs, un aménagement au croisement du cours Berriat et du boulevard Gambetta réduira nettement le carrefour au profit des espaces piétons et sera traversé par une piste Chronovélo. Il laissera émerger une placette afin que les tables des cafés n’entravent plus les piétons, les cyclistes, les trottinettes et les poussettes !

Quant à la place Championnet, elle verra disparaître la végétation de la tonnelle qui « assombrit l’espace », et une assise en forme de ruban serpentera en lieu et place des actuels bancs de bois.

Plus au sud de la ville, deux espaces vont être redynamisés. Arbres et mobilier urbain agrémenteront la place Mistral – Eaux-Claires, déjà animée par un marché depuis quelques mois.

Enfin, à un horizon plus lointain, c’est au cœur du quartier Flaubert que naîtra un espace de rencontre et de détente. Sa vocation sera double : offrir à la fois un parvis pour la Birfurk et une nouvelle entrée sur le parc Flaubert.

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