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Covid-19

Confinement : l’association Femmes SDF maintient le lien

Pendant la période de confinement, l’association grenobloise Femmes SDF continue à agir à distance pour les femmes en errance et en grande précarité. Au téléphone, trois salariées de la structure rassurent, expliquent, conseillent, accompagnent, gardent le lien…

Croquis de moments de vie au Local des femmes avant la période de confinement. ©Maya

Comme beaucoup de structures en France, l’association Femmes SDF a été contrainte de fermer les portes de son local dès le début du confinement, le 16 mars 2020.

«Ça nous a paru compliqué de respecter les mesures de distanciation sociale et de ne pas faire prendre de risque aux femmes en grande précarité, reconnues comme étant des personnes fragiles», commence Justine Virely, salariée de l’association.

120 femmes suivies

«Mais on est toujours là. Malgré tout on est en lien avec les femmes dont on a le numéro de téléphone et on garde contact sur notre page Facebook.» En tout, 120 femmes sont appelées régulièrement par l’association, quotidiennement ou une fois par semaine selon les besoins. L’assistante sociale continue :

On prend l’initiative pour maintenir le lien avec elles pour qu’elles puissent continuer à nous questionner, avoir quelqu’un à qui parler. 

L’accompagnement réalisé jusque-là au Local des femmes, boulevard Jean Pain, continue à distance. Rassurer, expliquer les consignes sanitaires, orienter vers les lieux de distributions alimentaires et les services maintenus pour les douches ou pour charger son téléphone. 

+30% de personnes accueillies

En 2019, la structure a accueilli 30% de personnes en plus par rapport à l’année précédente : 627 personnes en 2019 contre 487 en 2018. Cela représente environ une centaine de femmes et 40 enfants supplémentaires.

Croquis de moments de vie partagés au Local des femmes avant la période de confinement. ©Maya

Avec les mesures de confinement, les arrêts de travail soldés par l’arrêt des ressources, l’association imagine très bien une augmentation du nombre de personnes en grande précarité.

«C’est déjà ce qu’on observe avec d’autres associations, notamment lors des distributions alimentaires. On parle de nouveaux publics», indique-t-elle. «On voit apparaître des étudiants, des personnes en CDD non renouvelé, qui étaient déjà précarisés mais qui le sont d’autant plus aujourd’hui.»

Soutien psychologique

Pour ces personnes dont le budget, déjà maigre, s’appauvrit, les difficultés observées accompagnent des situations très variées. La structure alerte sur la baisse de moral qui apparaît dans ce milieu depuis le début du confinement.

«Au sentiment d’isolement qui s’accroît, s’ajoute le sentiment d’abandon car il y a des difficultés d’accès aux informations qui circulent beaucoup par internet. Et souvent ces personnes n’ont pas les outils», ajoute Justine Virely.

On partage les numéros d’écoute des associations et des structures professionnelles qui proposent un soutien psychologique. On explique, on reformule, on répond aux interrogations en tous genres que les femmes peuvent se poser.

Garder le lien par l’écriture

En plus des appels réguliers, l’association Femmes SDF a lancé un jeu d’écriture à distance pour tenter de rompre avec ce sentiment d’isolement. «Le Co-vide se remplit de mots» permet de garder le lien et d’animer le réseau pendant cette période inédite.

Il suffit d’imaginer la suite de trois phrases (Pour moi, le confinement c’est… ; Pour moi, le Local fermé c’est… ; Pour moi, mon rayon de soleil c’est…) qui seront ensuite partagées avec les autres femmes du réseau par SMS et en ligne «pour montrer qu’elles ne sont pas seules».

Les textes seront aussi affichés au Local des femmes lors de sa ré-ouverture. Pour Justine Virely, il est important de «rendre compte des difficultés des femmes et de rendre visible leur quotidien pendant le confinement. Ce projet a pour but que les phrases individuelles des femmes puissent raisonner ensemble, puissent devenir publiques et collectives.» 

informationRenseignements divers
téléphone 06 03 31 54 25
courrielhttp://www.association-femmessdf.fr/
courrielhttps://www.facebook.com/femmessdf/

Vos commentaires

Commentaire de MAHAMOUD Aboubaker le 28 avril 2020 à 0 h 49 min

Bonsoir, je suis un étudiant en master 1 sociologie de l’université de Perpignan Via Domitia. Mon sujet de recherche porte sur l’accompagnement des femmes sans-abris. Vu que votre association est loin de mon département. Permettez-vous que je vous joigne et si vous pouvez donner coup de main.

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