Tous nos dossiers

Accueil >Dossiers >Tous nos dossiers>Renforcer les liens humain-animal

Grenoble en transition

Renforcer les liens humain-animal

Depuis toujours, les villes ont été pensées pour les êtres humains. Aujourd’hui, associations, institutions et citoyen-nes agissent en faveur d’une meilleure prise en compte de la condition animale, à la campagne comme dans la cité. En ligne de mire : accorder aux animaux sauvages et domestiques la place et les soins qu’ils méritent.

éducation canine et féline

La ville à portée de pattes

Une nouvelle éducatrice et comportementaliste canine et féline a été embauchée par la Ville début 2020 pour aider les Grenoblois-es à comprendre leurs amis à quatre pattes. Avec, en poche, le Trophée Éducatrice canine et féline municipale décerné par l’ANVPU (Association des Villes pour la Propreté Urbaine) en décembre.

©Auriane Poillet

« J’ai un rôle d’information et de transmission de connaissance, explique Laetitia Raichl, qui se base sur l’éducation positive. Les Grenoblois-es peuvent me demander une consultation en cas d’adoption ou de problème avec leur chien ou leur chat. Ensuite, on fixe un cours individuel ou collectif. Je leur apprends comment parler chien ou chat. »

Lien de confiance

L’éducatrice agit en coup de pouce sur la relation, le lien de confiance entre l’Homme et l’animal, particulièrement en ville, qui n’est pas l’endroit naturel du chien.

Le chat, comme le chien, peut être heureux en ville si ses besoins physiologiques sont respectés. Il y a une prise en compte du bien-être et de la souffrance animale et une prise en compte psychologique du propriétaire. Il faut s’adapter car chaque binôme est totalement différent : il n’y a pas les mêmes personnalités, ni les mêmes motivations.

Plusieurs propositions sont donc offertes aux propriétaires : séances individuelles, cours collectifs pour les chiens adultes ou ados, école du chiot…

« Le chat et le chien s’apprivoisent individuellement. Ce rapport de confiance et ce respect sont vraiment importants car plus on s’intéresse à l’animal et plus sa personnalité va se développer. »

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.grenoble.fr/demarche/30/659-educatrice-comportementaliste-canin-comportementaliste-felin.htm

communauté

Attachants toutous

Des propriétaires d’animaux se regroupent pour une balade conviviale. À l’Esplanade, ces personnes se sont reliées grâce au groupe Whatsapp La Récré des toutous.

©Auriane Poillet

« Tous les gens qui ont un chien en ville le promènent autour de chez eux. On croise toujours les mêmes chiens et les mêmes personnes, observe Gloria, à l’origine de l’initiative. Et les gens ont compris l’importance de la socialisation des chiens, qu’ils puissent jouer ensemble. »

Se retrouver en utilisant les outils numériques était une évidence pour cette habitante. La discussion permet de se synchroniser pour les promenades et d’échanger des astuces d’éducation, des bons plans ou même des jouets et du matériel.

Environ 25 personnes du quartier participent à la démarche. Les berges de l’Isère sont leur terrain de jeu les dimanches après-midi ensoleillés. Selon les envies, les participant-es peuvent pousser la promenade jusqu’aux pentes de la Bastille.

On sait que l’on est clivant à cause du manque de propreté de minorités. Alors l’idée est aussi de faire émerger la base d’une réflexion sur le partage de l’espace public entre les personnes. Comment on réfléchit au bien-être du chien en ville, amener à moins d’incivilités et plus d’éducation.

Et le groupe a permis de créer une communauté parmi des gens qui ne se seraient pas rencontrés autrement. « Le fait d’avoir un chien nous a réunis. »

dispensaire

SPA : la santé animale pour tou-tes

Depuis bientôt 30 ans, le dispensaire grenoblois de la SPA accueille les personnes en difficulté pour faire soigner, vacciner, stériliser leurs animaux

©Auriane Poillet

Dépendant de la SPA de Paris, le dispensaire fait partie de la douzaine de structures de ce type en France. Ce lieu dédié à la santé animale, qui fonctionne grâce aux dons, a permis de prendre soin de près de 370 animaux, rien qu’au mois de janvier.

« On contrôle les ressources des propriétaires d’animaux sur l’avis d’imposition et on se fie au seuil de pauvreté pour calculer le montant des soins, indique Sandrine Vallin, responsable de la structure. Les personnes qui n’ont pas d’argent laissent ce qu’elles peuvent. Mais quoi qu’il arrive, on soigne les animaux. »

Soigner les animaux, écouter les humains

Une responsable, deux assistant-es vétérinaire et deux vétérinaires (le recrutement d’un-e deuxième vétérinaire est en cours), ainsi qu’une ostéopathe bénévole permettent au lieu de fonctionner du lundi au vendredi.

Cinq délégué-es enquêteurs-trices bénévoles vérifient par ailleurs les signalements d’animaux en détresse. Et lorsque le dispensaire ne peut effectuer une chirurgie, pour une fracture par exemple, une demande d’aide est adressée à la SPA de Paris pour prendre en charge les soins chez un autre vétérinaire.

Il y a un passage monstre. Ça n’arrête pas de sonner. On fait du social du début à la fin. Les gens ont besoin de parler, encore plus avec la crise sanitaire.

informationRenseignements divers
Ouvert du lundi au vendredi de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h, sur rendez-vous uniquement - 169, cours de la Libération
téléphone 04 76 09 43 67
courrielhttp://www.la-spa.fr

Interview

«L’animal a toute sa place dans notre monde d’humains.»

A l’occasion de la 3e Biennale des Villes en transition, Gre.mag a interrogé Sandra Krief, conseillère municipale déléguée à la Condition animale et conseillère métropolitaine.

©Auriane Poillet

On parle de plus en plus du bien-être animal en ville. Qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est d’abord permettre à l’animal d’exprimer ses comportements naturels. En ville, c’est construire un environnement dans lequel l’animal a sa place. C’est un endroit fait par les Hommes, pour les Hommes, où rien n’est pensé pour l’animal.

Une bonne intégration de l’animal dans la ville est-elle possible ?

Il n’est pas trop tard. La ville se construit, se rénove, se défait, se refait au gré des avancées sociétales. Depuis quelques années, il y a une prise en compte massive de la condition animale. C’est la raison pour laquelle je suis là.

Votre délégation n’existait pas auparavant. Quel est votre rôle ?

Cette délégation recentre l’idée selon laquelle l’animal vit avec l’Homme. Bien sûr, c’est une question transverse mais c’est d’abord une question à part entière, comme pour l’écologie. Mon rôle est de penser à l’animal à toutes les étapes de la vie sociétale et politique.

Quelles mesures sont à prendre pour une meilleure prise en compte de l’animal ?

C’est augmenter la part de repas végétariens dans la restauration scolaire et sensibiliser autour de l’éthique animale. C’est insérer une clause de bien-être animal pour toutes les commandes publiques liée à l’alimentation.

C’est aider les associations qui œuvrent pour le bien-être des animaux. Et c’est renforcer la protection animale au sein de la Police municipale. C’est aussi planter certaines espèces végétales favorisant les insectes qui n’étaient pas là auparavant, donc les oiseaux qui s’en nourrissent…

La vie va revenir dans la ville. L’animal a toute sa place dans notre monde d’humains.

Vos commentaires

Il n'y a pas encore de commentaires sur cet article.

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

Envoyer

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag vous propose aussi

Grenoble fait sa rentrée