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Covid-19 - distribution alimentaire

Mobilisé-es pour la distribution alimentaire

Toute l’année, des organismes et associations se mobilisent pour apporter une aide alimentaire aux personnes les plus démunies. Au cours de l’épidémie du virus Covid-19 que nous traversons, ces actions et initiatives se renforcent et s’adaptent, pour répondre aux besoins d’un public fragilisé par cette actualité, et aux mesures de sécurité sanitaires. Le site internet « Solidarités Grenoble » recense et met à jour régulièrement les informations concernant les points de distribution alimentaire. Gre.mag fait le point.

Distribution alimentaire

Vinci samu social adapte son champ d'action

L’association Vinci « Véhicule d’Intervention Sociale contre l’indifférence », Samu social de Grenoble est sur le terrain depuis l’automne 1990, en réalisant des maraudes. Pendant le confinement, elle participe également à la distribution alimentaire pour les plus démunis, trois fois par semaine.

@ Vinci Samu Social

Au début de la pandémie, l’association a suspendu ses maraudes pendant deux semaines, faute de matériels de protection sanitaire. Puis, une fois munis de protections, les bénévoles ont repris la cadence avec un nouveau protocole et des techniques d’approche différentes, « pour protéger tout le monde. »
Le Samu social de Grenoble a également organisé une activité non-habituelle : la distribution alimentaire plusieurs fois par semaine.

Eric Rocourt, le président, explique :

L’association Magdalena a pris en charge 14 distributions alimentaires par semaine. Nous leur avons proposé de les soulager de trois distributions, que nous organisons les mercredis, samedis et dimanches soir de 18h30 à 20h30, place Lavalette. Le local SDF, rue du Vieux Temple, nous prête ses locaux pour le stockage et la préparation des colis. On s’en sort grâce à la solidarité des associations.

Au début du confinement, 130 colis par soir étaient distribués. Aujourd’hui, l’association en recense 180 et constate « une tension forte, une augmentation progressive des demandes, avec un public qui n’était jamais là en temps habituel. »
Vinci Samu social se fournit en denrées auprès de la Banque alimentaire, les Restos du coeur, et des dons. Le CCAS de Grenoble a également apporté son aide pendant le confinement.

Distribution alimentaire

Colis alimentaires et entraide au "Point d'eau"

L’association « Point d’eau » est un espace d’accueil de jour pour les personnes « de la rue », depuis 1993. En ces temps de pandémie et de crise sanitaire, le lieu reste ouvert et a mis en place un système de distribution alimentaire.

Distribution alimentaire au Point d’eau © Association Point d’eau

Si les horaires d’ouverture sont actuellement adaptés, l’accueil est toujours inconditionnel, gratuit et anonyme, et recense près de 150 passages par matinée d’ouverture…

Les bénévoles de l’association distribuent environ 420 colis alimentaires par semaine, avec des denrées issues de la ramasse auprès de supermarchés, de la Banque alimentaire et de dons. Cette ramasse est habituellement destinée pour des ateliers de cuisine, suspendus pour le moment.

Richard Diot, président de l’association constate :

Il y a une vraie solidarité. Le public que nous accueillons nous donne des coups de main et nous a permis de ne pas fermer. La demande en distribution alimentaire est prégnante. Sa mise en place en temps de crise révèle des besoins par des personnes qui n’osaient pas les exprimer. « Des invisibles » sont plus venus à nous…
Mais les gens ne sont pas que des estomacs, il y a aussi la question de l’accès aux droits et aux soins qui est très importante.

Distribution alimentaire

130 colis distribués chaque semaine par la Croix-Rouge

Les bénévoles grenoblois de l’association nationale la Croix-Rouge assurent une distribution alimentaire hebdomadaire pour celles et ceux qui en ont besoin.

©Laurent Bourque / Croix-Rouge Française à Grenoble

Tous les jeudis, la Croix-Rouge organise des distributions alimentaires quartier Hoche, dans la rue du 4ème Régiment de Génie. Chaque semaine, environ 130 colis alimentaires, composés essentiellement à partir des dons de la Banque alimentaire, sont distribués aux habitant-es qui en ont besoin.

A chaque distribution, des équipes de quatre bénévoles se relaient : le mercredi pour la préparation des colis et le jeudi pour la distribution, de 9 heures à midi et de 13 heures 30 à 16 heures 30. Laurent Bourque, correspondant communication de la délégation de l’Isère, indique:

Les bénévoles de la Croix-Rouge sont tous suivis par le pôle santé pour vérifier qu’il n’y ait pas de contamination, pour la sécurité des bénévoles et des bénéficiaires.

Pendant le confinement, le nombre de bénéficiaire a augmenté à la Croix-Rouge au vu de la fermeture de certaines structures qui assuraient ce service. L’association a aussi prêté main forte aux CCAS de Grenoble, Saint-Martin-d’Hères et Echirolles pour la gestion des files d’attente des distributions alimentaire (terminées à Grenoble).

D’ici quelques semaines, l’association espère pouvoir relancer le système de dons par des particuliers et ré-ouvrir son épicerie sociale dans de bonnes conditions. Avant la crise sanitaire, la Croix-Rouge, à travers ses distributions alimentaires et son épicerie sociale, distribuait en moyenne deux tonnes de nourriture chaque semaine.

Distribution alimentaire

Les Restos du coeur : l'aide alimentaire prend de l'ampleur

À Grenoble, les Restos du coeur ont adapté leur activité pendant la période de confinement, en se centrant sur une distribution alimentaire renforcée.

Distribution alimentaire des Restos du cœur, à la sortie du confinement, rue Paul Claudel

Au quotidien, l’aide alimentaire est le cheval de bataille de l’association « Les Restos du cœur ». Pendant le confinement, celle-ci a été ré-organisée pour proposer un cadre de respect des gestes barrière et de la distanciation sanitaire.
Un à deux jours par semaine, la distribution avait lieu à l’antenne des Restos du cœur située rue Nicolas Chorier, sous forme de Drive, à l’extérieur.
Sur une journée, 250 à 270 familles ont pu bénéficier d’un colis alimentaire, sans passer par le processus habituel de l’association, qui démarre par un premier rendez-vous individuel, pour comprendre la situation de la personne.

Brigitte Cotte, bénévole des Restos du cœur, en charge de la coordination pour la période du Covid-19, constate :

Pendant le confinement, on a vu arriver une population qu’on ne connaissait pas. Les demandes de colis alimentaires sont croissantes.

À l’heure actuelle, la distribution alimentaire se poursuit au sein d’un nouveau lieu : un local prêté par le CCAS de Grenoble, rue Paul Claudel, plus adapté au système de Drive en extérieur. Ce fonctionnement continuera à priori jusqu’au 15 août.
Ce centre « ad hoc » regroupe plusieurs centres grenoblois et bénéficiaires des Restos du cœur. Le système d’inscription préalable a repris son cours.
Les autres centres grenoblois des Restos du cœur restent fermés pour le moment.

Distribution alimentaire

Fonctionnement exceptionnel pour le Secours populaire

Face à la période inédite provoquée par le virus Covid-19, et pour répondre aux besoins des plus démunis, l’activité du Secours populaire centre son action sur l’aide alimentaire.
Chaque jour, « l’association voit arriver de nouvelles personnes. »

Distribution alimentaire au Secours Populaire de l’Isère, pendant la période « Covid-19 » © Secours populaire

Toute l’année, le Secours populaire vient en aide aux personnes les plus fragiles, pour les accompagner dans un cheminement vers leur autonomie, à travers plusieurs domaines : habillement, nutrition, emploi, logement, accès aux droits, aux soins et à la culture, etc. Actuellement, c’est l’aide alimentaire qui prime.

Tayeb Boukenoud, directeur du Secours populaire Isère, explique :

Le Secours populaire ne ferme jamais, et là, il était hors de question de laisser les gens sur le bord du chemin. Notre vocation n’est pas d’être distributeur systématique de nourriture, mais nous avons mis en place un fonctionnement exceptionnel en la matière.

L’association a fait appel à de nouveaux bénévoles, afin notamment que les habitués les plus âgés restent confinés chez eux.
Chaque après-midi d’ouverture, le Secours populaire de Grenoble distribue des colis de nourriture pour 150 à 200 ménages.

Tayeb Boukenoud poursuit :

Tout de suite, on s’est rendu compte qu’il y avait un autre public, qu’on ne connaissait pas. Le plus inquiétant, c’est que dès fin mars-début avril, on a vu venir des « victimes économiques du Covid-19 », des personnes qui avaient un travail précaire et se retrouvaient au chômage.

L’association réfléchit à une reprise progressive de ces autres activités d’accompagnement, notamment l’écoute des personnes lors de rendez-vous individuels ou l’accès aux vacances.

Distribution alimentaire

L’échoppe s’organise différemment

Tous les jeudis matins, les bénévoles de L’échoppe, un service de l’association Diaconat Protestant, assurent une distribution alimentaire dans le quartier Teisseire-Malherbe.

©Auriane Poillet

Les denrées sont principalement fournies par la Banque alimentaire de l’Isère et distribuées à des personnes dans le besoin inscrites dans les fichiers de l’association.

«D’habitude, les horaires sont élargis, mais aujourd’hui nous n’avons pas la même équipe de bénévoles», explique François-Pierre Bouchaud, président de l’association, qui continue :

Ce sont pour la plupart des personnes âgées qui restent en retrait au vu du contexte sanitaire. On a recruté depuis le début du mois d’avril d’autres volontaires issus de notre communauté paroissiale et des réserves civiques.

Le mercredi, une dizaine de personnes réceptionnent les denrées et préparent les colis. Le lendemain, deux autres équipes (matin et après-midi) se chargent de la distribution.

200 bénéficiaires

«En ce moment, on accueille environ 200 bénéficiaires qui sont principalement issus du quartier», continue-t-il. «On compte un tiers d’étudiants qui nous ont été adressés par le Crous ainsi que des personnes migrantes. On est une association protestante mais on accueille toute personne de façon inconditionnelle.»

Au vu du contexte, les distributions alimentaires de L’échoppe ont été réduites, avec une courte pause de réorganisation au début du confinement. Un retour à la normale est prévu à la fin de l’été pour pouvoir fournir des colis alimentaires aux 250 bénéficiaires habituels.

informationRenseignements divers
courrielhttp://www.diaconat-grenoble.org/actions-du-diaconat-protestant/

Le Fournil

Une distribution alimentaire pas comme les autres

Créée en 1995 par des personnes SDF, l’association Le Fournil est un accueil de jour qui se présente sous la forme d’une table d’hôtes. La structure accueille le temps d’un repas une centaine de personnes par jour, le lundi, mardi, jeudi et vendredi midi.

Pendant la période de confinement, elle a dû fermer ses portes pendant un mois avant de reprendre ses activités deux jours par semaine. Avec des horaires élargis et des règles sanitaires strictes, une vingtaine de personnes maximum étaient accueillies en intérieur en simultané.

Un repas pour créer du lien

Bénévoles et salariés (une vingtaine en tout) distribuaient aussi un sandwich et une soupe à d’autres personnes en extérieur. Des barquettes alimentaires fournies par le CCAS de Grenoble étaient distribuées pour le repas du soir.

En moyenne, 70 personnes ont été accueillies deux fois par semaine. «Pendant le ramadan, moins de personnes mangeaient à table mais elles venaient quand même chercher un repas pour le soir», raconte Delphine Noiret, nouvelle directrice de l’association.

Peu à peu, le Fournil reprend son rythme de croisière et son format de table d’hôtes qu’on lui connaît. Elle continue :

On est les seuls à faire ça. Le repas est un support pour créer du lien, discuter, échanger et repérer des situations complexes que l’on peut réorienter.

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