Dossiers

Accueil >Dossiers>Grenoble en transition

Ce contenu fait partie du/des dossier(s): Biennale des villes en transition, 2e édition

Biennale des villes en transition

Grenoble en transition

Les défis sont pour aujourd’hui ! Les effets du dérèglement climatique sont désormais palpables dans notre quotidien. Comme toutes les villes au cœur d’un environnement naturel sensible, Grenoble se doit d’être à la hauteur. De nombreuses initiatives publiques et privées montrent que d’autres voies sont possibles. Désormais, c’est l’ensemble de la société civile qui doit réagir ! Parce que la Ville de demain se prépare à Grenoble, le rendez-vous est donné du 9 au 16 mars 2019 pour permettre à chacun de prendre part à l’aventure. Et faire en sorte, tous ensemble, de garder un temps d’avance. Pour sa seconde édition, la Biennale de Grenoble fait peau neuve. Tournée vers le grand public, populaire, présente dans tous les quartiers, pour tous les âges, elle met à l’honneur la richesse des expériences que partagent au quotidien celles et ceux qui habitent et font vivre les transitions. Au-delà des thèmes fondateurs – habitat, mobilité, énergie – et du forum ouvert aux villes du monde, l’édition 2019 part à la conquête du quotidien : alimentation, cultures, éducation, engagements citoyens… Pendant une semaine, scientifiques, artistes, acteurs économiques, citoyens engagés et décideurs nous invitent à échanger, réfléchir… et réagir ensemble !

Transition

Accélérer maintenant !

À Grenoble, comme sur l’ensemble des Alpes, les effets du réchauffement climatique sont deux fois plus visibles qu’ailleurs : canicules de plus en plus fréquentes, période d’enneigement de plus en plus courtes, fleurs, abeilles, animaux en voie de disparition, mortalité due à la pollution de plus en plus importante… Parce que le climat devient fou deux fois plus vite que sur le reste du continent, Grenoble a décidé d’être deux fois plus audacieuse !

Grenoble en 2050 vu par l’artiste Emdé.

 

Aux côtés des habitants, associations, collectifs, universités, collectivités, la Ville prend une part active à la transition en impulsant, accompagnant ou soutenant des projets essentiels : dès 2022, GEG produira l’équivalent de la consommation des Grenoblois en électricité 100 % verte.

La première ferme urbaine vient d’ouvrir et les écoquartiers se multiplient. 15 000 nouveaux arbres auront été plantés d’ici 2030. Les produits phytosanitaires dans les parcs et jardins ont été bannis et la part de bio/local dans les cantines augmente sans cesse. Sans oublier la tarification solidaire des services publics.

Cet engagement réel en faveur de toutes les transitions, Grenoble entend bien le réaffirmer un peu plus encore en devenant une ville modèle. C’est l’objet de sa candidature au titre de Capitale Verte de l’Europe 2022, un prix décerné chaque année par l’Union européenne et un jury d’experts.

La transition, c’est quoi exactement ?

La transition fait référence au changement, à l’évolution, à la métamorphose : une transition, c’est le passage d’un état à un autre, d’une situation à une autre… Les enjeux environnementaux liés au réchauffement climatique sont aujourd’hui indéniables et impliquent une transition énergétique.

Mais les enjeux sociétaux actuels soulèvent d’autres questions en termes de transition démocratique, sociale, culturelle et économique. C’est à toutes ces transitions qu’entend s’intéresser la Biennale de Grenoble.

Bien plus que des débats !

Certes, la Biennale sera faite de débats, d’échanges et de réflexions. Mais elle sera bien plus encore ! Pour que chacun puisse s’approprier ce sujet à sa manière et parce que la transition concerne tout le monde, la Biennale s’étale cette année sur 8 jours et mêle tous les genres : jeux, ateliers, rencontres, débats, cinéma, musique…

Qu’elle soit abordée de manière ludique, pédagogique ou académique, la transition sera partout. Avec, à la clé, l’occasion pour chacun de s’en emparer et de repartir avec de bonnes idées à mettre en œuvre, individuellement ou collectivement.

Des têtes d’affiche

Cyril Dion, Emily Loizeau, Serge Papagalli, Les Amoureux Voyageurs, Pablo Servigne, Doussou Keita, Aurélien Barrau, Lino… Qu’ils soient artistes, chercheurs, voyageurs, astrophysiciens ou demandeurs d’asile, tous sont directement engagés, concernés, impliqués dans la transition et viennent soutenir la Biennale de Grenoble.

événement

Des grands rendez-vous à ne pas rater !

Ludique

Escape Game géant : grand jeu de piste urbain (Samedi 9 mars 2019)

Redécouvrez le Grenoble d’aujourd’hui et de demain en vivant une aventure pleine d’énigmes et de mystères…

  • Départs de 11 heures à 15 heures
  • Place Félix-Poulat (site éphémère Biennale info) et Grand Place
  • Tous publics, moins de 14 ans accompa-gnés d’un adulte
  • Goûter festif avec tous les participants àpartir de 17 heures au Palais des SportsAvec les Amoureux Voyageurs, parrains de la journée

Festif

Soirée Grenoble capitale verte (samedi 9 mars)

  • Inauguration de la Biennale avec Cyril Dion, Emily Loizeau, Doussou Keita, Les Amoureux Voyageurs, Aurélien Barrau… Concert déjanté du Bus, Big Ukulélé Syndicate
  • Clôture musicale avec Emily Loizeau : de 17h à 22h au Palais des sports

Famille et enfants

Projection du film ‘Graines d’espoir (mercredi 13 mars)

  • Les jeunes racontent la transition humaniste du XXIème siècle
  • Séances de travail (final cut) en présence du documentariste Pierre Beccu – Séances à 15 heures et 18 heures au Palais des Sports -Goûter offert

Ados et adultes

Grande soirée Eloquence (mercredi 13 mars)

  • Slam, rap, stand-up, poésie, plaidoirie…Venez écouter les jeunes talents grenoblois, finalistes des masters class d’éloquence, s’exprimer sur leur vision de la ville de demain !
  • Soirée animée par Greg, alias L’apprenti, de News FM ; avec Serge Papagalli (comédien) et Lino (rappeur), parrains de la soirée et membres du jury
  • À 19 heures au Théâtre de Grenoble

Ludiques, participatives, collectives

Journée « Cuisinons ensemble » (dimanche 10 mars)

  • Venez découvrir de bonnes recettes, d’ici ou d’ailleurs, et cuisinons un grand repas à partager tous ensemble
  • Ateliers pâtisseries animés par de grands chefs pâtissiers locaux
  • Ateliers enfants animés par la Cie Léz’arts Vers
  • Marché de producteurs au Palais des Sports à partir de 9 heures

Journée « mode (s) de vie » (samedi 16 mars)

Vous avez envie de faire différemment, mais vous ne savez pas vraiment comment faire ? Ici, des créateurs et acteurs locaux nous ouvrent le champ des possibles : recycler ses vêtements, créer ses cosmétiques, se déplacer et voyager autrement, habiter sans énergie fossile…

  • Atelier géant « Crée le vêtement qui te ressemble » : avec des créateurs.trices, brodeuses, couturières…
  • FabLab : création d’objets avec une imprimante 3D
  • Grand défilé de mode et concert final à partir de 10 heures au Palais des Sports

informationRenseignements divers
courrielhttp://villesentransition.grenoble.fr

Du lundi au vendredi

Les rendez-vous de la transition

Les midis de la transition

Tables-rondes thématiques : Bien-être au travail, Mobilités, Précarité énergétique, Non-recours aux droits, Produire et consommer local

  • De 12 heures à 14 heures à l’Hôtel de Ville

Regards d’ailleurs

La transition vue de l’international : expériences partagées

Avec la participation de plus d’une vingtaine de villes du monde entier : Essen (Allemagne), Montréal (Canada), Constantine (Algérie), Sfax (Tunisie), Oxford (Burkina Faso), Guadalajara (Mexique), Bucaramanga (Colombie), Brazilia (Brésil)

  • De 18 heures à 20 heures Lieu : Palais des Sports

Les soirées de la transition

Défier les catastrophes, réussir les transitions

Tables rondes et ateliers animés par des experts scientifiques ; avec Pablo Servigne, Arthur Keller, Thierry Salomon, Mathilde Szuba et bien d’autres

  • De 20 heures à 22 heures au Palais des Sports

Et aussi….

Lancement du Cairn électronique Monnaie locale

Dans le cadre des 5èmes Rencontres des collectivités sur les monnaies locales

  • Jeudi 14 mars à 19 heures au Palais des Sports

Startup de territoire Grenoble

450 citoyens réunis autour de 36 défis pour inventer des solutions concrètes aux besoins du territoire. L’heure est désormais à l’action ! Venez à leur rencontre et qui sait, peut-être rejoindrez-vous une aventure entrepreneuriale sociale et solidaire… Les solutions de demain reposent sur notre capacité à inventer collectivement des réponses nouvelles !

  • Organisé par l’association Gaïa, vendredi 15 mars à 18h au Palais des Sports

informationRenseignements divers
courrielhttp://villesentransition.grenoble.fr

interview

Stéphane Labranche : "La crise climatique est peut-être d'abord une crise de l'imagination"

Ce Québécois est l’un des rares chercheurs indépendants en sciences sociales dans le domaine du climat en France. Il a participé aux travaux du GIEC et vit à Grenoble où il exerce une bonne partie de son activité d’enseignant (Science-Po) et de chercheur (laboratoire CNRS Pacte).

©Auriane Poillet

 

Vous êtes sociologue indépendant « Climat, Air, Énergie ». Qu’est-ce que ça signifie ? 

La question fondamentale dans mon domaine, c’est : quelles sont les interactions entre le climat et la société ? Comment le climat nous impactera-t-il, mais aussi comment tentons-nous de régler le problème et de nous y adapter ? C’est en réalisant la première étude, en 2005, que j’ai compris l’importance des interactions : il faut s’intéresser à la société dans toutes ses composantes.

Ce que j’ai constaté, c’est que les élus et les décideurs ont beaucoup évolué sur ces questions, plus que la population. Cela s’explique par leurs valeurs personnelles, on le voit à Grenoble mais aussi par la réglementation et les politiques nationales et européennes. Cela s’explique aussi par les diverses pressions qu’ils subissent.

Pourquoi avoir choisi Grenoble pour la poursuite de vos travaux ?

À Grenoble, on a une force de frappe scientifique sur le climat et l’énergie équivalente à celle de Paris alors qu’il y a moins d’universités : les sciences de l’atmosphère, la glaciologie (on est les meilleurs au monde !), l’économie de l’énergie, l’urbanisme…On a la chance d’avoir un certain nombre d’experts climatiques, un véritable mini-GIEC territorial !

Je ne me considère plus comme politologue mais comme climatologue de la société. Je suis obligé de m’intéresser à la politique pour faire des préconisations. Et pour comprendre les moteurs et les freins au changement, j’utilise les méthodes de la sociologie.

Vous vous êtes inspiré du roman de science-fiction de Franck Herbert Dune dans lequel l’auteur dit : « Il faut apprendre à parler climat. Pour vous, il faut désormais « penser climat » ou même « vivre climat ».

Dune est le meilleur traité d’écologie politique et « civilisationnelle » qui existe ! On trouve cette phrase dans le troisième livre, « Les Enfants de Dune », que je recommande. La transition énergétique ne peut se faire sans changer notre manière de vivre et de définir le bien-vivre.

Compte tenu de l’évolution du climat, il n’est désormais plus possible de faire de l’urbanisme sans penser climat. On le voit très bien avec la création des éco-quartiers. Il n’est plus possible non plus de traiter les questions des mobilités ou d’alimentation sans penser climat. C’est l’alimentation carnée qui a le plus fort impact sur le changement climatique pour les ménages. Sans devenir végétarien pour autant, on peut juste diminuer sa consommation hebdomadaire de viande. D’ailleurs, seuls 2 % de Français sont végétariens, contre 10% des Britanniques !

Quel est l’apport de la sociologie dans la lutte contre le réchauffement climatique ?

Les études en sociologie montrent que si l’on veut résoudre le problème climatique, il est préférable de ne pas en parler directement et qu’il faut plutôt, pour changer les pratiques, accompagner le changement. Et il faut aussi arrêter d’être angoissant : il n’y a pas qu’une solution, il y en a une multitude aujourd’hui. À titre individuel, on peut même devenir producteur d’énergie, ce qui était impensable il y a quelques années encore !

Dire qu’il y a une multitude de solutions est source d’espoir : ceci veut dire que nous ne sommes pas coincés par une seule option. Ceci veut aussi dire que le problème est
plus complexe, et qu’il faut apprendre à être plus stratégique, plus intelligent dans nos façons de faire et de vivre nos quotidiens… au pluriel ! Au final, la crise climatique, c’est peut-être surtout une crise de l’imagination.

Les commentaires (0)

réagir

Votre adresse de courriel ne sera jamais publiée.

Tous les champs sont obligatoires

> Commentaires, mode d'emploi

Gre-mag
vous propose

La participation citoyenne tisse sa toile

Le bois, matière première locale et durable

Des quartiers à vivre pleinement