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Interview

« Plus de sport dans notre ville, plus de disciplines, plus de pratiquants »

Rencontre avec Sadok Bouzaïene, adjoint aux sports.

Quelles actions ont été mises en œuvre pour atteindre l’objectif du sport partout, pour toutes et tous ?
Le premier chantier pour répondre aux besoins d’une pratique partout a consisté à adapter nos équipements, dont certains étaient en situation très dommageable, sans entretien depuis plus de trente-cinq ans. Les travaux de sécurité, de pérennité des bâtiments, d’accessibilité, d’économie d’énergie, de vétusté parfois, sont un chantier ouvert depuis notre arrivée.

Nous avons mené un travail d’adaptation des équipements, mais nous en avons aussi créé. Par exemple, nous avons investi de A à Z dans le stade du Village olympique. Nous avons aussi investi 1,2 million pour rénover le système hydraulique de la piscine Jean Bron ; nous avons terminé la Halle de tennis, héritage de la période précédente et nous avons adapté Lesdiguières pour qu’il devienne un stade accessible pour le foot et le rugby.
Un mur d’escalade a aussi été créé le long de l’Isère et nous avons également investi dans les parcs publics avec le street workout, ce sport entre la gymnastique et la musculation qui se pratique en extérieur. Nous projetons de poursuivre avec la création de nouveaux espaces dédiés à cette pratique, au Jardin de ville notamment, en complément des deux espaces déjà existants, au parc Paul Mistral et au Clos d’Or.

La priorité des priorités reste l’entretien quotidien du patrimoine (gymnases, piscines et terrains) pour offrir aux scolaires, aux clubs, des espaces modernisés et adaptés.

 

Le développement de la pratique féminine est un axe fort de la politique menée…
Effectivement, nous sommes partis d’une enquête, réalisée avec l’Agence de l’éducation par le sport, pour l’accès au sport pour les femmes car il fallait voir où se trouvaient les freins et les obstacles afin d’y répondre et de s’organiser pour avancer. Cette question de l’accès est une priorité. Aujourd’hui, le taux de pratique féminine a augmenté : on approche les 30 %. Le chemin est long mais la cause est juste. Il y a de la pratique féminine dans des clubs de basket, de volley, de foot, de course, d’escrime, d’aviron, de gymnastique… Cette volonté de développer le sport féminin se retrouve aussi au travers des championnes, telles que l’escrimeuse de Grenoble Parmentier, Aliya Bayram, qui vient de devenir championne du monde junior, ainsi que par un bon classement des clubs.

Ce n’est pas par hasard : un des critères de subvention est le pourcentage de femmes au sein des clubs, que ce soit au niveau des dirigeants, des entraîneurs, des responsables ou des pratiquantes.

Aujourd’hui, le taux de pratique féminine a augmenté : on approche les 30 %.

L’enquête de l’Agence de l’éducation par le sport se termine au mois de juin. Le document, dont je sais que les résultats sont attendus avec impatience par l’Association nationale des élus aux sports, trace Grenoble comme seule ville de France de cette importance à avoir mis ce sujet au centre de sa politique.

Quelles actions concrètes ont été mises en place ?
La question est multiple quand on veut vraiment aller au fond des choses. Les actions démarrent à l’école et dans les quartiers. L’offre sportive doit être adaptée, réfléchie au féminin, que ce soit au niveau des clubs et de la Ville. Nous avons par exemple créé l’École municipale de football féminin, un exemple reconnu. On est passés d’un petit nombre à désormais 120 gamines de tous les quartiers, qu’on va chercher en bus – ça aussi c’est une action de la Mission sport et quartiers qu’il faut saluer – dans un contexte de qualité et sécurisé pour les parents.
Mais ce travail est également fait en direction d’autres disciplines. Au début du mois de mars, le Palais des sports a par exemple accueilli la soirée Elles à Vélo, pour mettre en avant la pratique féminine du cyclisme. 
Ces actions concrètes vont se poursuivre, notamment dans les territoires de la politique de la ville. On ne peut pas juste parler d’égalité, il faut mettre les moyens pour arriver à cette égalité.

Le sport scolaire est-il également une de vos préoccupations ?
On a effectivement un axe de développement du sport en scolaire et périscolaire. Nous avons mis 34 Etaps (Éducateur territorial des activités physiques et sportives) dans les écoles maternelles et primaires pour aider les enseignants et faciliter la pratique sportive à l’école. C’est un atout fort, qui est un héritage important et exemplaire de la ville, et le maintenir était important.

On ne peut pas juste parler d’égalité, il faut mettre les moyens pour arriver à cette égalité.

Nous avons par ailleurs augmenté la capacité d’accueil de classes pour le ski scolaire. 20 % de gamins en plus sont ainsi concernés par les sorties de ski scolaire chaque année, soit plus de 2 200 élèves.

Le stade Vercors

Quelles sont vos relations avec les clubs et associations, et plus particulièrement avec les clubs de haut niveau ?
Les relations sont assainies, apaisées, par l’installation de critères concernant les subventions. Parce qu’il y a une transparence, une équité. C’était un des objectifs prioritaires, avec la prise en compte du projet de chaque club et de chaque discipline.

En ce qui concerne les clubs pros, il était évident que, au regard de la situation budgétaire de la ville de Grenoble et de la baisse des dotations de l’État, le soutien par le financement devait diminuer. Mais on a maintenu un accompagnement à l’association GF38 pour son action envers les jeunes. On a également rénové le stade Vercors et l’équipement pour le centre d’entraînement. 
Nous avons aussi donné un soutien au FCG Rugby, via l’association, pour leur action au niveau du rugby féminin et le centre de formation. Nous avons subventionné les BDL, notamment pour leur centre de formation ; nous suivons le développement du tennis féminin où l’on a une équipe bien classée à l’échelle nationale (Ndlr :l’équipe féminine du Grenoble Tennis a atteint la finale des derniers championnats de France)…
L’ensemble du mouvement sportif est conscient des difficultés économiques mais aussi reconnaissant sur la volonté, la disponibilité et la prise en compte de leurs problèmes par toute l’équipe autour du maire. On peut dire que cette relation apaisée est une base importante pour le développement du sport dans notre ville.

2018 signifie ne pas mettre de côté le sport à destination de personnes souffrant de handicap. Cela passera notamment par la création d’activités sportives dans le cadre des activités extra-scolaires et scolaires.

Quels sont les projets prévus maintenant ?
Bien sûr, poursuivre le plan de développement du sport féminin. Je pense aussi, en 2018, travailler sur l’action dans le cadre du sport santé, en partenariat avec plusieurs intervenants (médecins, hôpitaux, service santé de la ville).
2018 signifie aussi pour moi ne pas mettre de côté le sport à destination de personnes souffrant de handicap. Cela passera notamment par la création d’activités sportives dans le cadre des activités extra-scolaires et scolaires.
2018, enfin ce sont les 50 ans des Jeux olympique d’hiver de 1968. Tout le mouvement sportif réfléchit d’ores et déjà sur sa participation à cet événement. Notre objectif est d’impliquer tout le monde, les scolaires, les clubs et la population, pour créer une fête populaire du sport, mais aussi de travailler sur la question de l’olympisme dans le cadre scolaire et périscolaire.

Il faut également réfléchir à l’accueil d’événements sportifs de haut niveau entre 2018 et 2020, pourquoi pas dans un cadre métropolitain ?

Parmi les autres projets, on peut notamment parler de la poursuite de la politique de maintien en fonctionnement des installations via des travaux préventifs, de la mise en accessibilité des piscines, de la construction du centre sportif Arlequin, très attendu depuis l’incendie du gymnase de la Piste, qui démarrera en juin 2017 pour ouverture en 2019, ou encore du début des travaux de la halle Clémenceau, qui est oubliée depuis sa construction alors qu’elle est très utilisée, que ce soit par les scolaires ou les clubs. Il faut également réfléchir à l’accueil d’événements sportifs de haut niveau entre 2018 et 2020, pourquoi pas dans un cadre métropolitain?

100 % féminine, la Grenobloise est une course solidaire de 5 kilomètres.

Nous réfléchissons, avec l’ASPTT, à l’organisation d’un marathon, afin de retrouver un événement phare, avec le concours de la Métropole et des autres villes alentours. On ne supprimerait rien, la course La Grenobloise resterait en place, on rajoute seulement. Je n’amène pas un projet, un catalogue, je coconstruis avec tous les sportifs des événements pour mettre leur pérennité comme objectif.

Un mot de la fin ?
Malgré les difficultés économiques, malgré les baisses des dotations, nous avons travaillé pour plus de sport dans notre ville, plus de disciplines sportives, plus de pratiquants, et je tiens à remercier, c’est important pour moi, tout le service des sports, qui travaille pour le développement du sport dans notre ville.

 

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