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Capitale verte de l'europe

Bien dans son assiette

Après un mois d’août consacré à la santé, Grenoble Capitale Verte de l’Europe aborde cette rentrée avec deux thématiques de circonstance : les mobilités, durant ce mois de septembre, puis l’agriculture et l’alimentation en octobre. Dans ce domaine, la Ville réaffirme son engagement actif pour le déploiement de pratiques agricoles urbaines et pour des menus sains et équilibrés dans ses espaces de restauration collective.

Santé

L’alimentation à la croisée d’enjeux majeurs

L’alimentation est à la croisée d’enjeux majeurs : la santé, l’environnement, l’énergie, le social, l’économie… La Ville de Grenoble en a fait l’un de ses chevaux de bataille, cherchant à promouvoir une nourriture à la fois savoureuse et saine, élaborée à partir de produits cultivés avec le moins d’énergie possible et sans intrant chimique.

©Jean-Sébastien Faure

Elle souhaite montrer la compatibilité de l’agriculture avec les espaces urbains, à l’heure où, partout dans le monde, les terres agricoles se raréfient ou s’épuisent. Soucieuse de rendre l’agriculture accessible au plus grand nombre, Grenoble compte désormais 23 jardins partagés et six vergers collectifs.

Répartis sur l’ensemble du territoire urbain, ils sont gérés par des collectifs d’habitant-es. La Ville reste très attentive aux projets similaires que les Grenoblois-es souhaitent voir émerger dans leur quartier, notamment à travers le Budget Participatif.

Et certains projets se déploient en grand. Deux fermes urbaines 100% bio, l’une sur le Centre horticole, l’autre à proximité du stade Lesdiguières, posent des cailloux blancs sur le chemin de l’autonomie alimentaire.

Changement de modèle

À ces actions se mêlent la sensibilisation et l’éducation au mieux manger. Dans les cantines scolaires par exemple, la Cuisine centrale diversifie les choix des plats avec une part croissante de bio et de local, tout en proposant de diminuer la consommation de viande.

La part de bio dans les restaurants des crèches atteint même 95%. Des initiatives innovantes, menées par des associations telles que Cultivons nos toits ou Brin d’Grelinette, rapprochent les consommateurs des producteurs, avec à la clé des créations d’emplois.

Ces changements de pratique agricole et alimentaire peuvent-ils contribuer à un nouveau modèle d’organisation urbaine, plus convivial, plus solidaire et respectueux des grands équilibres naturels ?

Mois de la Transition alimentaire

Santé et démocratie à tous les menus

En plus de produire chaque jour 12 000 repas destinés aux écoles, crèches, établissements pour personnes âgées et personnel municipal, le service Alimentation et Restauration de la Ville de Grenoble répond aux différents enjeux afin de proposer une alimentation accessible à toutes et tous, saine et locale. Des souhaits qui s’intègrent dans le Mois de la Transition alimentaire. Éclairage.

©Jean-Sébastien Faure

L’ambition de la Ville, portée par le service Alimentation et Restauration, est de permettre aux écoles, crèches, établissements pour personnes âgées, et aux agents municipaux de profiter de repas équilibrés, adaptés à leurs besoins.

Le tout grâce à des achats qui favorisent la production présente sur le territoire, la mise en avant de produits biologiques mais aussi à une démarche en faveur des propositions végétariennes. Le service a fait le choix d’intégrer ces défis dans le Mois de la Transition alimentaire, prévu à partir du 22 septembre, qui veut promouvoir une alimentation de qualité en Isère.

Dans le cadre de cet événement, le service Alimentation et Restauration propose d’ailleurs une Semaine du Goût sur le thème de l’alimentation durable. Au programme : renforcement des repas composés à base de produits régionaux pour éviter les transports en avion, mais aussi des repas végétariens, qui émettent bien moins de gaz à effet de serre.

Une gouvernance bien rodée

Henri Hamelin est à la tête du service Éducation et Jeunesse de la Ville de Grenoble. Il s’assure notamment de veiller tout au long de l’année à la bonne réception des plats préparés par la Cuisine centrale, afin de les proposer aux enfants. Il explique comment s’élaborent les nombreux temps communs afin de mettre en place les actions en faveur d’une alimentation plus saine pour les enfants.

Les commissions menus valident le détail des propositions de menus émises par la Cuisine centrale pour la période qui suit, que ce soit les plats, les assaisonnements, les présentations, les repas à thème… Lors de ces commissions, l’ensemble de la communauté éducative se réunit : le service restauration, les agents de la direction, l’éducation jeunesse, les fédérations de parents d’élèves… Les commissions restauration, quant à elles, ont lieu une à deux fois par an. Elles sont présidées par l’élue déléguée à la restauration municipale et l’adjointe aux écoles et ont vocation à construire une politique alimentation avec les usagères et les usagers.

Bio et végétarien toute l’année

Le but est d’améliorer les menus. «Toutes les semaines, les agents de la direction font un retour à la cuisine centrale, grâce à des fiches d’évaluation et la cuisine prend en compte les ajustements dans la composition et la création de menus.»

Trois types de menus sont proposés, différenciés par des couleurs.

Le menu vert, dès septembre permettra de manger végétarien tous les jours. Le menu bleu comprend du poisson et des repas végétariens. Et enfin le menu rouge contient tout type de viande, du poisson, et des mets végétariens incluant les œufs. Pour les menus bleus et rouges aussi, nous proposons un à deux repas végétariens par semaineConcernant la qualité des achats alimentaires pour les repas scolaires, en moyenne et en valeur d’achat, 60% de denrées sont labellisées selon les critères de la loi Egalim (produits biologiques, label rouge, AOP, IGP…), dont 45% sont bio. Pour les repas destinés aux crèches, 95% des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique, c’est-à-dire quasiment tous les aliments, sauf le poisson et quelques produits locaux non labellisés bio.

Le végétal investit le menu des cantines

Écoles

Dès cette rentrée, les écolier-es grenoblois-es peuvent manger végétarien à chaque repas s’ils le souhaitent.

Depuis 2018, un à deux repas végétariens sont servis chaque semaine dans les cantines. S’ils continueront à être proposés, dès cette rentrée, les Grenoblois-es peuvent aussi choisir un menu vert pour leurs enfants tous les jours de la semaine.

Cette proposition fait suite à une concertation avec les délégué-es de parents d’élèves. Si environ 200 collectivités en France suivent le mouvement, Grenoble est la première à faire du repas végétarien le «menu standard».

65% de bio et/ou local

Avec 9 000 à 9 500 repas distribués dans les écoles par semaine, ce menu vient compléter l’offre alimentaire composée à 65% de produits bio et/ou locaux à tarif solidaire (de 80 centimes à environ 9 euros, selon les revenus). Grenoble compte 95% de’ingrédients bio dans ses crèches.

«Et toutes nos commandes publiques ont inséré une clause de bien-être animal, explique Sandra Krief, conseillère municipale déléguée à la Condition animale. Ce choix, qui n’est pas une obligation, répond à une attente basée sur des raisons environnementales, sanitaires et de respect de la condition animale.»

Agriculture urbaine

La vérité alimentaire est au fond du jardin

Végétaliser la ville pour plus de fraîcheur et de bien-être, produire des aliments locaux pour diminuer modestement l’empreinte carbone de la production alimentaire, ou encore créer des occasions de se rencontrer et de partager… Les jardins qui investissent l’espace public à divers endroits de la ville concentrent ces trois bénéfices. S’ils sont de plus en plus nombreux, Gre.mag propose un focus sur quelques uns d’entre eux, sans ordre de préférence, bien entendu.

©Jean-Sébastien Faure

Le jardin du pont de Chartreuse : À la croisée de l’art, de la culture et de l’écologie politique

Créé en juin 2021 à l’initiative du collectif artistique Le Bruit, cet espace de près de 200m2 est totalement partagé, appropriable par tous, pour que chacune et chacun se sentent libres de l’utiliser.

Il accueille arbres et arbustes fruitiers, potager et, à l’occasion, des évènements culturels, ateliers manuels et «moments particuliers» pour ouvrir le débat sur les enjeux environnementaux et l’écologie politique.

Ce dimanche 25 septembre une manifestation est organisée par le collectif sur les thèmes de la paysannerie et de la souveraineté alimentaire, avec un focus sur le dispositif de la sécurité sociale de l’alimentation, un atelier maraîchage, un repas partagé le midi, de la lecture poétique, de la musique et de la danse, et un buffet en soirée…

> Plus d’infos : contact@lebruit.org – Facebook : Culture résilience sur le jardin du pont de Chartreuse

Les jardins Beauvert : La culture aux vertus pédagogiques

Ces jardins familiaux s’étendent sur un terrain de 900m2, au sein du quartier Beauvert. Sortis de terre en 2015, ils se composent principalement de parcelles individuelles réservées aux habitant-es des quartiers Beauvert, Alliés, Alpins, Clos d’Or, au titre d’une gestion toutefois collective.

Une parcelle partagée de 100m2 est aussi réservée à des fins pédagogiques pour les enfants de l’école Beauvert, et dans le cadre du périscolaire. Vendredi 29 septembre à 18 heures, le spectacle déambulatoire

À travers temps y sera proposé sur place par la compagnie Un euro ne fait pas le printemps, dans le cadre de Grenoble Capitale Verte de l’Europe. Cette création apportera «un autre regard sur l’environnement et le vivant».

> Plus d’infos : jardinbeauvert.blogspot.com – Maison des habitant-es Capuche : 04 76 87 80 74

©Jean-Sébastien Faure

Le jardin partagé Terre-Neuve : Lopins de copains

Au parc Jean-Verlhac, le succès du jardin Terre Neuve ne faiblit pas. Il est le jardin grenoblois qui attire le plus grand nombre de participant-es ! On y dénombre 66 parcelles, un jardin collectif et un jardin pédagogique.

Les acteurs de quartier, à l’image de la Ludothèque et de la Régie de quartier, s’y impliquent, animent des initiations et dispensent des conseils aux cultivateur-trices.

> Plus d’infos : Maison des Habitant-es Le Patio : 04 76 22 92 10 – mdh.lepatio@grenoble.fr

Un jardin sans frontières : Cultures en partage

Depuis l’an dernier, Un jardin sans frontières, installé sur les berges de l’Isère, permet de se nourrir d’ici et d’ailleurs et de créer des liens avec des personnes migrantes.

Le projet avait été porté au Budget participatif par Florence et Alpha de l’association Cuisine sans frontières et se révèle aujourd’hui fertile et nourricier, comme lors de ce jour de repas partagé avec le Secours Catholique.

> Plus d’infos : unjardinsansfrontieres.wordpress.comunjardinsansfrontieres@gmail.com

Marie Jacquemier

«La Cuisine centrale privilégie une alimentation durable, locale et saine»

Chaque jour, l’équipe de la cuisine centrale de la Ville de Grenoble s’active pour produire et livrer, notamment, les repas de 54 restaurants scolaires. Au sein du service Alimentation et Restauration, Marie Jacquemier est diététicienne alimentation et restauration. Elle nous explique ses missions.

©Auriane Poillet

Quel est votre rôle au sein de la cuisine centrale de la Ville de Grenoble ?

Diététicienne de formation, j’ai toujours travaillé dans la restauration collective. Je suis arrivée en février 2019 à la Ville de Grenoble. Depuis peu, nous sommes deux diététiciennes au sein du service Alimentation et Restauration, Estelle Cressens et moi-même.

Le service restauration est dans un premier temps composé de la cuisine centrale.

Globalement, notre quotidien consiste à assurer la préparation de 12 000 repas. Nous souhaitons privilégier une alimentation durable, locale et saine. Nous veillons à l’équilibre diététique et nutritionnel des menus proposés, ainsi qu’au respect des réglementations en place, telles que la loi Egalim (loi de 2018 pour une alimentation saine, durable et accessible à tous).

Les menus sont destinés aux personnes âgées, aux scolaires et aux crèches, qui ont chacun des besoins spécifiques.

Très régulièrement, nous les rencontrons, ainsi que leurs représentants. Notre rôle est de leur expliquer le choix des menus, de recueillir leur avis et de faire évoluer les prestations.

Notre rôle consiste également à veiller à l’hygiène dans la cuisine centrale et dans les restaurants scolaires et à la maîtrise de la sécurité sanitaire, de la réception des marchandises jusqu’aux consommatrices et consommateurs.

Le service est aussi composé de deux selfs municipaux, Clemenceau et Claudel, qui servent les repas aux agent-es de la Ville. Le service compte environ 70 agent-es.

Quelles seront vos actions dans le cadre du Mois de la Transition alimentaire ?

Le Mois de la Transition alimentaire invite tout le département de l’Isère à se mobiliser afin de promouvoir une alimentation de qualité. Dans ce cadre, nous avons choisi d’organiser La Semaine du Goût, sur le thème de l’alimentation durable. Nous allons essayer d’organiser des interventions sur le temps des repas des enfants afin de les sensibiliser.

Nous avons articulé cette semaine autour de la réduction des émissions de gaz à effet de serre, tout en conservant des menus équilibrés et adaptés à tout le monde. Deux repas végétariens seront proposés à toutes et à tous, car ils ont des niveaux d’émissions de gaz à effet de serre moins importants !

Nous tenons aussi à proposer des produits régionaux pour éviter les transports en avion, ainsi que des recettes cuisinées par des producteurs locaux. Nous proposerons aussi des fromages à la coupe, plutôt qu’en portions, pour limiter les emballages !

De manière générale, dans quelle mesure peut-on avoir un impact positif sur notre alimentation ?

Il est très intéressant de réfléchir à nos menus, pour un changement de comportement alimentaire. Nous pouvons adopter une alimentation plus durable, à travers le choix des aliments et de leur qualité, mais aussi du choix des endroits où nous faisons nos courses, en favorisant notamment les circuits courts.

Il est tout à fait possible de trouver des produits de saison et de qualité à deux pas de chez nous !

Agenda

Les temps forts de Grenoble Capitale Verte de l’Europe 2022

Petite sélection des événements grand public en lien avec le titre de Grenoble durant les mois de septembre et d’octobre. Programme complet sur greengrenoble2022.eu.

Remodeler la ville pour améliorer votre santé : l’expérience MobilAir

Menée depuis quelques années sur l’agglomération, cette expérience porte sur le lien entre qualité de l’air et santé.

> Restitution et explications publiques à l’Hôtel de Ville, le 15 septembre de 18h à 20h.

Mobilités en transition : panorama de l’état des connaissances et controverses scientifiques

Quelles implications d’un changement de mode de transport sur la vie quotidienne ?

> Hémicycle Claude Lorius, Grenoble- Alpes Métropole, le 23 septembre de 18h à 20h.

Le réchauffement climatique part en balade

En compagnie d’un guide conteur de la compagnie Rebonds d’Histoire, et pour le grand public (dès 12 ans), une balade contée pour imaginer la ville de Grenoble en @ 2051.

> Place Saint-Bruno, le 24 septembre à 11h et 17h et le 25 septembre à 16h.

Changement climatique, menaces et opportunités pour la santé

Conférence de Rémy Slama, épidémiologiste environnemental et directeur de recherche à l’INSERM IAB de Grenoble.

> Hémicycle Claude Lorius, le 29 septembre de 18h à 20h.

Ouverture du Bar Radis, tiers-lieu dédié à l’agriculture urbaine et l’alimentation.

# Vendredi 9 septembre à 18h30 : Inauguration presse et invité-es. Inauguration publique le 8 octobre, toute la journée, avec marché, visite et spectacles. 15, rue Gustave-Flaubert

Jardin Sens’ationnel

Les équipes du service Nature en ville de la municipalité de Grenoble transforment le square Docteur-Martin pour sensibiliser les Grenoblois-es à l’importance du végétal en ville.

> Du vendredi 9 au dimanche 11 septembre de 10 h 30 à 18h

Balades urbaines « Grenoble Capitale Verte de l’Europe 2022 »

À l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, l’association Histoires De… propose au grand public de découvrir la transition écologique sur trois parcours urbains : Flaubert (depuis l’arrêt de tram MC2), Rondeau (depuis le Prunier Sauvage), Presqu’Île (depuis l’arrêt de tram CEA).

> Le 17 septembre, de 10h à 12h pour chaque balade, et, pour la Presqu’Île, une deuxième balade de 14h à 16h.

©Sylvain Frappat

Rob Hopkins invité spécial au COP 7, septième comité des Partenaires de Grenoble, capitale verte de l’Europe 2022.

L’initiateur du mouvement international des villes en transition sera présent à Grenoble École de Management pour le comité des partenaires (associations, institutions, entreprises).

> Le 28 septembre à 16h, 12 rue Pierre-Sémard

Vos commentaires

Commentaire de Brounahans l'Alsaco le 9 septembre 2022 à 16 h 43 min

L’enfer n’est-il pas pavé de bonnes intentions ?
L’effort est certes louable et même nécessaire vu l’empoisonnement généralisée de la « nourriture » mais le végétarisme n’est pas l’optimum pour l’équilibre d’un corps humain, surtout quand il est en croissance.
Le végétarisme est un idéologie plus bénéfique bien évidemment que l’alcoolisme, mais n’existe pas dans la nature. TOUS les animaux mangent des protéines animales, QUEL QUE SOIT leur système digestif.
La vache ? C’est 100 à 200 grammes de protéines/jour (vers de terre, insectes, limaces … Mais il n’est pas nécessaire de manger de la viande trois fois par jour …
Conclusion ?
Changer de nutrition est indispensable mais tomber d’une extrême à l’autre n’est pas nécessaire.
J’ai changé d’alimentation il y a cinquante années. (Juste pour vous dire que j’ai un peu d’expérience).
Bonne continuation
Jean

Lire la suite >

Commentaire de Brounahans l'Alsaco le 10 septembre 2022 à 9 h 41 min

Si, me semble-t-il, mais la censure que l’on reproche aux mondialistes a de beaux jours ailleurs.
merci, c’est en empêchant la discussion que l’on s’approche de la vérité.

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