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Grenoble en transitions

Entreprendre, sans économiser son cœur

La 5e ville la plus innovante au monde confirme sa capacité à embrasser les défis d’avenir. Dans tous les secteurs d’activité naissent et se développent des entreprises d’abord responsables, éthiques et solidaires, quel que soit leur degré de technicité. La Ville encourage ces élans en adaptant ses moyens d’action en faveur d’un écosystème diversifié.

jeunes pousses

Des startups engagées dans la transition

Toute une nouvelle génération de créateur-rices d’entreprise grenoblois-es se saisit de la situation environnementale pour proposer des solutions viables et créer des emplois.

©Phoenix Mobility

Née au sein de l’école d’ingénieurs INP-Grenoble, la startup Phoenix Mobility s’est spécialisée dans la conversion de voitures thermiques en véhicules électriques. Séduite, la Ville lui a commandé un véhicule utilitaire.

« Nous avons converti une Renault Kangoo des services techniques. Ce qui fait de Grenoble la première ville française à rouler en retrofit, c’est très porteur pour nous », explique Antoine Desferet, président cofondateur de l’entreprise. Phoenix Mobility, qui emploie déjà 23 personnes, s’attaquera bientôt à la conversion d’autres véhicules de la flotte municipale.

Gamifier le tri

La gestion des déchets ménagers constitue aussi un fort enjeu pour les Villes. Comment inciter davantage d’habitant-es à mieux trier ? La startup grenobloise Ficha se penche sur la question depuis trois ans.

Elle a mis au point une solution innovante associant ingéniosité technique et application numérique pour rendre le tri amusant et gratifiant ! Un container connecté permet de contrôler la qualité du tri du résident, qui cumule des points convertibles en bons de réduction chez les commerçants partenaires.

Ficha a installé ses prototypes dans des logements collectifs gérés par Grenoble Habitat. Et s’apprête à commercialiser sa solution à grande échelle.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.phoenixmobility.co
courrielhttps://ficha.biz

commerces

Les épiceries tournent au court

Dans le vaste panorama commercial de Grenoble, des magasins d’un nouveau genre ont réussi leur percée ces dernières années.

©Alain Fischer

La Bonne Pioche, rue Condillac, est l’une des toutes premières épiceries créées en France à avoir abandonné les sachets plastique et les emballages polluants.

Ici, tout est proposé en vrac : les clients s’y approvisionnent avec leurs propres contenants et n’achètent que ce dont ils ont strictement besoin. Tous les produits alimentaires sont locaux, issus d’exploitations situées dans un rayon proche.

Mieux qu’un simple espace de vente, La Bonne Pioche, forte de 6 salariés, organise chaque mois des ateliers dédiés aux nouvelles pratiques d’achat ou à la fabrication par soi-même de cosmétiques bio.

L’épicerie, qui prépare le lancement d’un site de vente en ligne, mise sur la convivialité et l’engagement. Ces valeurs sont partagées par l’Éléfàn, supermarché associatif installé chemin de la Capuche depuis 2017.

Né comme La Bonne Pioche d’une campagne de financement participatif, L’Éléfàn met l’accent sur le statut d’adhérent plutôt que celui de client. Les personnes qui achètent ses produits bio et locaux consacrent quelques heures à la bonne marche du magasin.

Dans un esprit donnant-donnant, avec des réductions avantageuses à la clé.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.labonnepiochegrenoble.com
courrielhttps://lelefan.org

artisanat

Une savonnerie qui fait mousse

Les entreprises artisanales locales se multiplient à Grenoble, à l’initiative de jeunes créateur-rices soucieux-ses d’un développement éthique et responsable. Exemple tout en suaves fragrances avec Nous Le Savons.

©Nous Le Savons

C’était en 2015 une activité très confidentielle, « pour résoudre mes soucis de peau personnels et faire des cadeaux à la famille et aux amis », confie Valentin Michel.

Les premiers pains de savon qu’il fabrique vont plaire au-delà du premier cercle d’initiés. Et très vite, le diplômé de biologie se prend au jeu. La composition évolue : des huiles basiques nécessaires à la production des savons, Valentin passe à des huiles 100% bio, en choisissant des fournisseurs locaux.

Deux ans plus tard, Nous le Savons est une véritable entreprise. L’atelier de saponification est installé chemin de la Poterne, au cœur d’une zone d’activités tout au sud de Grenoble. Qui embaume désormais la lavande, la verveine et le miel :

« J’ai créé neuf produits différents tout en cherchant à me diversifier, vers les shampooings, les déodorants, les cosmétiques… », déroule Valentin Michel. Nous Le Savons a réussi à écouler plus de trois tonnes de produits l’an passé, référencés dans 150 magasins à travers la France.

« Je réalise toutefois 85 % des ventes dans la région Auvergne – Rhône-Alpes », rappelle le jeune créateur, attentif au respect des circuits courts.

De nouvelles recettes

Bertile Lecomte, cofondatrice de l’épicerie La Bonne Pioche à Grenoble, l’a rejoint dans l’aventure il y a quelques mois, chargée du développement de l’entreprise. Succès aidant, Nous Le Savons embauchera une troisième personne ce printemps, pour accompagner la croissance de la fabrication.

« Un CDD de trois mois pour commencer, sachant qu’il est quasiment impossible de produire pendant les fortes chaleurs estivales », explique Valentin Michel. Entreprise solidaire, Nous le Savons fait également appel à une entreprise d’insertion pour l’étiquetage et le stockage des produits, la préparation et l’expédition des commandes.

« Cette organisation est aussi très utile car elle nous permet de nous concentrer sur la fabrication et le développement de nouvelles recettes. »

À noter, dans le même secteur d’activité, deux autres entreprises grenobloises en plein essor : Les Affranchis, installée dans le quartier Mistral, qui emploie déjà 7 personnes, et Les Savons de Lionel, créée par Lionel Clément, avec fabrication au chaudron et zéro déchet.

informationRenseignements divers
courrielhttps://nouslesavons.fr

monnaie locale

Le Cairn, pilier d’une économie responsable

Lancée en 2017, la monnaie locale franchit une nouvelle étape. La crise sanitaire a freiné son expansion, mais ses promoteurs se mobilisent pour rappeler tous les avantages de son adoption.

©Auriane Poillet

Il symbolise la prise de conscience citoyenne de l’économie grenobloise. Le cairn, la monnaie locale du bassin de vie de Grenoble, a été mis en circulation en complément de l’euro pour favoriser les échanges entre acteur-rices du territoire.

Sans possibilité d’épargne ni de spéculation, elle est destinée à accélérer les paiements au sein d’un réseau limité de commerces et services de proximité. Son démarrage a été prometteur. Olivier Truche, membre du comité de pilotage du cairn, raconte :

On est partis avec une quarantaine de commerçants intéressés et un premier cercle d’utilisateurs. Rapidement, le territoire s’est étendu au-delà de la métropole, avec un essaimage vers Tullins, Charavines et le Trièves.

Facile à adopter, le cairn équivaut à un euro. Il est accessible auprès de commerçant-es qui jouent le jeu de comptoirs de change.

Séduire de nouveaux-lles commerçant-es

Le lancement en 2019 de l’e-cairn, avec paiement par sms via un numéro unique ou par virement, a favorisé sa démocratisation. À la veille de la crise sanitaire, plus de 170 000 cairns étaient en circulation pour près de 400 commerces au plus fort de son succès.

« Le Covid a créé un fort ralentissement de sa croissance», reconnaît Olivier Truche, qui évoque même un certain nombre de défections chez les commerçants. « Il est normal que certains magasins n’aient plus assez de temps à consacrer à la gestion de leur trésorerie en cairns, d’abord occupés à retrouver une visibilité économique. »

Maxence Alloto, adjoint à l’économie locale, observe que « le cairn est entré dans une phase de plateau », et qu’il faut « inciter davantage de commerçants à l’utiliser, pour une offre élargie ».

Les administrateurs préparent une refonte du projet d’ici septembre, « avec des règles de fonctionnement simplifiées pour les commerçants et des animations de promotion. » Les commerçant-es par exemple pourront accéder au réseau à tarif libre, au même titre que les utilisateur-rices.

informationRenseignements divers
courrielhttps://www.cairn.info

interview

«Créer ensemble un environnement favorable au déploiement de l’activité.»

A l’occasion de la 3e Biennale des Villes en transition, Gre.mag a interrogé Maxence Alloto, adjoint aux Commerces, à l’Artisanat, à l’Économie locale et à la Vitalité de proximité.

©Thierry Chenu

Votre fonction recoupe de multiples aspects de la vie de la ville.

Ma délégation est en effet très large. Elle inclut les marchés de plein air, celui de la halle Sainte-Claire, le commerce, la vitalité, les évènements de proximité… Elle concerne également toutes les autorisations liées à l’occupation des espaces publics et notamment les terrasses.

Tout ceci avec la volonté d’être au plus près des acteurs économiques de proximité. Tout est lié, dans le sens d’une plus grande réactivité au service des commerces et des entreprises et tout en œuvrant pour la transition écologique et sociale.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Nous renforçons nos liens avec la CCI, la Chambre de métiers et de l’artisanat, Labelville et les Unions commerciales pour créer ensemble un environnement favorable au déploiement de l’activité.

C’est dans cet esprit de collaboration que nous sommes par exemple en train de créer une coopérative pour la logistique urbaine à vélo, pour faciliter et accélérer les livraisons des commerçants en ville, et réduire les déplacements et donc les émissions de CO2.

Quelle est la place de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans votre délégation ?

La Ville et la Métropole concentrent beaucoup d’efforts pour dynamiser l’ESS : on veut vraiment mettre le paquet car il y a de forts enjeux derrière, d’emplois, de services aux personnes et d’écologie urbaine !

L’ESS est l’économie de demain, pourvoyeuse d’emplois non délocalisables et créatrice de richesses mieux réparties.

Comment allez-vous la soutenir ?

À titre d’exemple, d’ici la fin de l’année, nous étudions les opportunités de création de lieux dédiés à l’ESS et aux circuits courts en centre-ville.

Avec la Métropole, nous voulons faire de Grenoble la capitale de l’ESS et des circuits courts.

La belle saison arrive et avec elle l’espoir d’une amélioration de la situation sanitaire. Comment préparez-vous l’été ?

Nous voulons notamment miser sur des terrasses de plus en plus végétalisées. Qu’elles soient des îlots de fraîcheur, qu’elles donnent le sentiment d’être dans un jardin. Nous veillons en même temps à ce que tout le monde en profite, y compris les personnes à mobilité réduite et les seniors.

Nous continuerons d’accompagner les acteurs économiques, notamment les cafés et restaurants en maintenant la disposition d’extension provisoire des terrasses afin de permettre un respect des règles sanitaires sans pénaliser l’activité économique.

En parallèle, nous veillerons avec la plus grande fermeté au respect du règlement des terrasses afin d’éviter les nuisances sonores et assurer ainsi aux Grenobloises et Grenoblois une qualité de vie agréable.

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